Chaque fois unique, la fin du monde

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camisol

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27 Novembre 2002
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l'ombilic des limbes
Jacques Derrida est mort. Son dernier livre, Chaque fois unique, la fin du monde, est un livre sur le deuil.
Le dernier maitre s'en est allé. Je vais pas en faire une tartine non plus, parce que ça n'intéresse pas grand monde.
:zen:
 
bah je dois avouer que je ne suis pas très accroc à la phylosophie, ceci dit ils ont écris bon nombre de page de notre histoire et bon nombre fondement de notre société... pour cela ils méritent notre Respect, Derrida comme les autres.

Et la mort d'un être est toujours triste :zen:
 
Et la mort d'un être est toujours triste

Malgré tout, je me réjouirai de la mort de certains, j'imagine même déjà l'enthousiasme et le tintements des coupes de crémants...

Quant à Dérida, c'est évidement une grande perte.
 
Robert Maggiori :zen: me fournit, dans Libé, cette citation que je cherchais depuis deux jours, et qui donne tout le sens au respect que j'ai eu pour l'homme Derrida autant que pour l'auteur.

" Au fond, je n'ai jamais su ni voulu
distinguer entre l'amour et l'amitié.
Mais pour pouvoir dire "je t'aime" à un ami ou une amie,
et d'amour fou,
il faut traverser jusque dans son corps (...)
une immense forêt d'interdits et de discriminations.
J'aime y risquer des pas,
j'aime aussi m'y perdre, le temps de m'y perdre. "
 
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Réactions: macelene
camisol a dit:
Robert Maggiori :zen: me fournit, dans Libé, cette citation que je cherchais depuis deux jours, et qui donne tout le sens au respect que j'ai eu pour l'homme Derrida autant que pour l'auteur.

" Au fond, je n'ai jamais su ni voulu
distinguer entre l'amour et l'amitié.
Mais pour pouvoir dire "je t'aime" à un ami ou une amie,
et d'amour fou,
il faut traverser jusque dans son corps (...)
une immense forêt d'interdits et de discriminations.
J'aime y risquer des pas,
j'aime aussi m'y perdre, le temps de m'y perdre. "

Pour faire de sa vie un espace habité il faudra bien traverser, risquer et parfois se perdre pour rester, à défaut il faut vivre dans un espace abandonné où passer est sans orientation, sans issue.
 
camisol a dit:
Robert Maggiori :zen: me fournit, dans Libé, cette citation que je cherchais depuis deux jours, et qui donne tout le sens au respect que j'ai eu pour l'homme Derrida autant que pour l'auteur.



" Au fond, je n'ai jamais su ni voulu

distinguer entre l'amour et l'amitié.
Mais pour pouvoir dire "je t'aime" à un ami ou une amie,
et d'amour fou,
il faut traverser jusque dans son corps (...)
une immense forêt d'interdits et de discriminations.
J'aime y risquer des pas,
j'aime aussi m'y perdre, le temps de m'y perdre. "


Je suis un peu comme Roberto.
Envie d'en savoir plus la pensée de cet Homme.
Comme l'impression que c'est le bon moment ;) .
 
Roberto Vendez a dit:
Je ne connaissais Derrida que de nom, grâce à M. Meyer, mon prof de philo vénéré...
:siffle:

Tu viens Camisol de guider mes pas vers la librairie Vents d'Ouest, où la plus charmante des libraires à lunettes (... STOP ! :D:D ) va me procurer le livre dont tu parles.

Merci.
:up:

"Chaque fois unique, la fin du monde " ? C'est une compilation, commentée, de lettres ouvertes ou non, et d'hommages posthumes.

Quant à un hypothétique ouvrage où cette relation à l'amitié et à l'amour serait explicitée aussi bien que cette citation, je l'ai cherché en vain, puisque ces mots provenaient d'une précédente interview dans Libé. Mais je crois qu'elle est inspirée de l'ouvrage qu'il a consacré en 2000 à Jean-Luc Nancy, Le toucher.
 
camisol a dit:
"Chaque fois unique, la fin du monde " ? C'est une compilation, commentée, de lettres ouvertes ou non, et d'hommages posthumes.

Quant à un hypothétique ouvrage où cette relation à l'amitié et à l'amour serait explicitée aussi bien que cette citation, je l'ai cherché en vain, puisque ces mots provenaient d'une précédente interview dans Libé. Mais je crois qu'elle est inspirée de l'ouvrage qu'il a consacré en 2000 à Jean-Luc Nancy, Le toucher.
Merci pour ces infos.
 
Sauf erreur de ma part, avec d'autres (dont certains des french philosophers de l'article de Libération), Derrida a été (faiblement) impliqué dans les "impostures intellectuelles" induites par l'article de 1996 publié dans Social Text par Alan SoKal :" Transgresser les frontières: vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique".

Sokal voulait ainsi dénoncer le relativisme postmoderne (objectivité comme convention sociale).

On cite souvent l'inculture des Américains mais Derrida et ces philosophes postmodernes sont davantage connu aux Etats-Unis qu'en France.

Hasard de l'actualité Superman est également décédé.

Le Monde numérique a d'une certaine manière un traitement postmoderne de ces deux décès (ce jour) : Reeves a droit à un traitement identique (longueur du papier) mais une photo en plus. Les valeurs véhiculées par Reeves doivent intéresser davantage de monde de ce côté de l'Atlantique que celles de Derida (sentiment exprimé par Camisol: cela n'intéresse pas grand monde).D'ici à ce que les têtes pensantes de TF1 ait la bonne idée de rediffuser les aventures de Superman nettement plus impactant sur les ventes de Coca-Cola.

Le processus d'acculturation est plus que jamais en bonne marche -cela doit être ce que l'on appelle l'exception française.

Finalement, les postmodernes n'ont peut être pas tort : tout est relatif dans ce bas monde.
 
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Réactions: iTof
Pitchfork a dit:
Sauf erreur de ma part, avec d'autres (dont certains des french philosophers de l'article de Libération), Derrida a été (faiblement) impliqué dans les "impostures intellectuelles" induites par l'article de 1996 publié dans Social Text par Alan SoKal :" Transgresser les frontières: vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique".

Sokal voulait ainsi dénoncer le relativisme postmoderne (objectivité comme convention sociale).

On cite souvent l'inculture des Américains mais Derrida et ces philosophes postmodernes sont davantage connu aux Etats-Unis qu'en France.

Hasard de l'actualité Superman est également décédé.

Le Monde numérique a d'une certaine manière un traitement postmoderne de ces deux décès (ce jour) : Reeves a droit à un traitement identique (longueur du papier) mais une photo en plus. Les valeurs véhiculées par Reeves doivent intéresser davantage de monde de ce côté de l'Atlantique que celles de Derida (sentiment exprimé par Camisol: cela n'intéresse pas grand monde).D'ici à ce que les têtes pensantes de TF1 ait la bonne idée de rediffuser les aventures de Superman nettement plus impactant sur les ventes de Coca-Cola.

Le processus d'acculturation est plus que jamais en bonne marche -cela doit être ce que l'on appelle l'exception française.

Finalement, les postmodernes n'ont peut être pas tort : tout est relatif dans ce bas monde.

Il faut peut-être éviter de crier au loup trop vite aussi... Non ? Il fallait bien montrer l'absurdité d'une réflexion basée sur le "tout est dans tout", de là à dire qu'un film de Superman suffit à détruire l'exception culturelle française, c'est pour le coup faire un raccourci digne d'Alan SoKal. ;)
 
Derrida était en plein dans la ligne de mire de cet imposteur d'Alan Sokal, dont l'objectif n'était autre que de combattre le financement public des sciences sociales par une argumentation démagogique, populiste et boiteuse. Mais j'ai un bon souvenir du démontage en direct de leur démonstration, lui et son accolyte belge Bricmond, lors d'un face-à-face en amphi, il y a quelques années...! :D Enfin, ça lui a permis de devenir professeur, par le jeu débile de la bibliométrie anglo-saxone (ah, David Lodge, quand tu nous tiens...).

Ceci étant dit, "tout n'est pas dans tout", et il était certainement salutaire d'expliquer aux épigones bourdivins, et autres déconstructionnistes mal digérés, que "déconstruire ne vaut que par la construction nouvelle qu'elle permet".
Mais le débat de Sokal n'était pas çà, il était d'interdire la déconstruction des conditions sociales de la production scientifique "objective". Comme si le CEA n'existait que par la dynamique propre du savoir en physique nucléaire... :rolleyes: Hein, Bass !

Le seul Sokal que j'apprécie est décidément celui de l'Amerzone.

Vous allez voir qu'on va arriver à attirer les gamerzs dans ce fil... :p
 
TibomonG4 a dit:
Il faut peut-être éviter de crier au loup trop vite aussi... Non ? Il fallait bien montrer l'absurdité d'une réflexion basée sur le "tout est dans tout", de là à dire qu'un film de Superman suffit à détruire l'exception culturelle française, c'est pour le coup faire un raccourci digne d'Alan SoKal. ;)

J'avoue ne connaître Derida (3 petites occurrences chez Sokal & Bricmond) que par les "impostures intellectuelles".

En ce qui concerne l'objectivité de la science et le relativisme postmoderne, j'ai une analyse basée sur 2 élèments temporellement disjoints mais contradictoires si ramenés dans le même espace-temps :

- En théorie et à long terme, je suis pleinement rationaliste (je connais surtout les sciences sociales et la science économique en particulier): en ce sens je crois à l'objectivité de la science et à une certaine permanence des valeurs. Même si d'autres champs de la connaissance sont accessibles et autant importants même s'ils ne sont pas qualifiés de scientifique.

- En pratique et à court terme, je suis relativiste dans la lignée Popper-Kuhn-Lakatos-Feyerabend. Parce que la science est faite par des individus dont les aspirations sont variées et plus ou moins avouables, leur objectivité est rarement au rendez-vous. Le marketing de la science justifie dans une certaine mesure le "Anything goes" d'un Feyerabend et que c'est la raison du paradigme dominant qui l'emporte. Les phénomènes de diffusion-mutation-fusion à l'oeuvre dans le domaine scientifique et le détournement des outils de la bibliométrie (par exemple) laissent songeur sur une quelconque objectivité de groupe des scientifiques.

En ce qui concerne la mort de l'exception culturelle française, si elle existe, c'est de l'intérieur qu'elle est détruite pas de l'extérieur.

Je ne sais pas si je comble le raccourci ?
 
Je bats ma coulpe. Le Monde en kiosque en ce moment (à cette heure-ci) sur Paris publie un article sur Jacques Derrida (avec photo).
 
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