Question : quand on vous dit que le noyaux internes et externe de la terre est composé probablement de 80% de fer et le reste de nickel, vous y croyez ? :siffle:
supermoquette a dit:Tu t'es fais railler en passant devant la section de physique ?![]()
Pourquoi une discipline ne peut-elle être considérée comme sérieuse et interessante que si elle est nomée "science" ?rezba a dit:Je ne vois pas en quoi. En quoi le fait de reproduire (et donc de trahir, de balancer dans une simulation tout un tas de représentations subjectives) serait quelque chose de plus rigoureux ou plus assuré que d'autres méthodes d'observations. Encore une fois, cette représentatoin, dominante, de la rigueur scientifique n'est que le résultat d'une opération de pouvoir mené par les sciences dites "dures" pour disqualifier les autres champs scientifiques.
Alors, pour compenser ce manque de légitimité, les sciences sociales ont investit la statistique. Et c'est l'observation non quantitativiste qui devient maintenant le mouton noir de la science.
C'est vrai qu'une statistique, c'est tellement dénuée de toute représentation subjective...
Comme si l'humain n'était pas un objet de science. (en passant, je suis désolé, chère hippocampe, que tu n'ai pas saisi l'humour avec lequel mon précédent post était écrit...).
Quelqu'un qui étudie les grands singes, ou les abeilles, est un scientifique. Pourquoi celui qui étudie les hommes ne serait-il qu'un romancier ? Parce que les hommes sont trop intelligents pour se laisser observer comme une pierre ou une plante ou un mammifère ? La bonne blague.
:rollleyes:
Luc disait, un peu plus haut, que le nom de ma discipline le faisait rêver. Je ne peux pas lui jeter la pierre. La plupart des hommes de pouvoir semblent n'avoir que faire de ce que l'on peut produire (même si cette vision est caricaturale). Mais ils ne prennent pas plus d'attention à ce que de nombreux autres scientifiques leur disent sur l'épuisement des ressources naturelles, la destruction des espèces ou l'inondabilité de la Nouvelle-Orléans. Et pourtant, cette absence de résonnance directe des travaux scientifiques sur "l'agenda politique" ne disqualifie pas les disciplines en question.
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rezba a dit:en passant, je suis désolé, chère hippocampe, que tu n'ai pas saisi l'humour avec lequel mon précédent post était écrit...
rezba a dit:Je ne vois pas en quoi. En quoi le fait de reproduire (et donc de trahir, de balancer dans une simulation tout un tas de représentations subjectives) serait quelque chose de plus rigoureux ou plus assuré que d'autres méthodes d'observations.
Ca dépend qui me le dis.supermoquette a dit:Question : quand on vous dit que le noyaux internes et externe de la terre est composé probablement de 80% de fer et le reste de nickel, vous y croyez ? :siffle:
supermoquette a dit:Question : quand on vous dit que le noyaux internes et externe de la terre est composé probablement de 80% de fer et le reste de nickel, vous y croyez ? :siffle:
Ah la mode en science mi-dure, c'est tellement rigolo et qu'est-ce que ça facilite le montage de mon projet de post-docrezba a dit:Non, ça fait longtemps que ça ne m'arrive plus !(pis là, je sors du Congrès bi-annuel de ma profession, ça aiguise le verbe).
Non, mais je me suis bien empaillé avec certains, au début de ma carrière, quand je travaillais sur les institutions de recherche. Notamment avec les hydrogéologues et les tectonophysiciens de Montpellier. Et aussi les rois du pétrole que sont les patrons des labos de biologie moléculaire...
Pis un jour, après plusieurs mois d'observation, j'ai pondu un papier où je déconstruissais comment s'effectuaient leurs choix scientifiques prétendument objectifs. Et je n'ai plus eu de contacts.![]()
Luc G a dit:Bon, je suis un peu ironique sur le terme "sciences politiques" que je persiste à trouver mal choisi (en philosophie, on ne parle pas forcément de "science philosophique").
Alors là... Etant donné la qualité des gens que Luc G et toi citez, je suis très très honoré.rezba a dit:(...)
Comme le disait iKool dans un autre post où se mène, de façon rigolote, le même type de discussion, l'un des problèmes des sciences sociales est leur sur-vulgarisation par le profane. Il semble tellement facile de s'emparer du discours savant pour torcher un article ou faire rire ses amis. La biologie moléculaire ne donne pas lieu à la même partie de rigolade (même si les biologistes sont souvent de joyeux lurons).
iKool a dit:Ca dépend qui me le dis.
Moi, ça me fait ça quand je vois 22 types en short qui se disputent un balloniDuck a dit:Moi pareil. Et comme je n'ai pas trop les moyens ni les connaissances nécessaires pour le vérifier par moi-même, je suis bien obligé de faire confiance à celui qui le dit.
C'est comme si tu regardes une compétition de ski à la télé et que tu n'y connais rien. Si le commentateur dit que le type a super bien descendu, tu es bien obligé de le croire. Comment faire autrement ?![]()
Nobody a dit:Sisi. Les sciences sociales (psychologie sociale par exemple) font appel à des méthodologies rigoureuses. Toute expérience doit y être basée sur une hypothèse justifiée au niveau théorique. Même si l'hypothèse ne doit pas nécessairement être déduite d'une théorie existante: elle peut provenir de l'intuition du chercheur ou d'un fait divers mais sa présentation doit prendre en compte les théories disponibles, ne serait-ce que pour s'y opposer. L'expérimentation n'est pas la seule manière de tester des hypothèses, des méthodes statistiques peuvent remplir cet office. L'expérience reste toutefois la voie royale.
rezba a dit:Une science ne se définit pas par le choix d'une méthode ou d'une autre. Les astrophysiciens ne travaillent la plupart du temps que sur des hypothèses qu'ils n'ont pas pu vérifier par expérimentation et reproduction. C'est juste que, pour l'instant, rien n'est venu invalider le paradigme dominant.
iDuck a dit:Ce qu'il y a de formidable dans la science est ce qu'on ne connaît pas. Car si on savait tout sur tout, ce serait d'un ennui terrible.![]()
Et aussi leur écueil, non ?Nobody a dit:(...)C'est sans doute là que réside la richesse des sciences humaines, qui en fait la complexité et qui les rend si passionnantes.