La poésie salvatrice...

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hegemonikon

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5 Septembre 2001
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Collioure
Aujourd'hui petit coup de bourdon, profonde lassitude, morne torpeur...(ne me demandez pas pourquoi...)

Heureusement il y à la poésie...

BAUDELAIRE, Spleen de Paris, L'étranger (1862)

- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?

- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.

- Tes amis?

- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

- Ta patrie?

- J'ignore sous quelle latitude elle est située.

- La beauté?

- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.

- L'or?

- Je le hais comme vous haïssez Dieu.

- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?

- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!

delicta qvis intelligit !
 
Parfait pour moi aujourd'hui (même état d'esprit :( )

J'aime aussi celui la de Baudelaire

Ciel Brouillé (Spleen et Ideal)

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mysterieux (est il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, reveur, cruel,
Reflechit l'indolence et la paleur du ciel.

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop eveillés raillent l'esprit qui dort.

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons,
Qu'allumes les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

O femme dangeureuse, o seduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimats,
Et saurai-je tirer e l'implacable hiver
Des plaisirs plus augus que la glace et le fer
 
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Réactions: hegemonikon
Les mains d'Elsa

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi te mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

Aragon

:zen: :zen: :zen: :zen: :zen:
 
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Réactions: Finn_Atlas
hegemonikon a dit:
Aujourd'hui petit coup de bourdon, profonde lassitude, morne torpeur...(ne me demandez pas pourquoi...)

Heureusement il y à la poésie...

BAUDELAIRE, Spleen de Paris, L'étranger (1862)



- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?



- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.

- Tes amis?

- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

- Ta patrie?

- J'ignore sous quelle latitude elle est située.

- La beauté?

- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.

- L'or?

- Je le hais comme vous haïssez Dieu.

- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?

- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!

delicta qvis intelligit !
Quoi ? Encore un questionnaire de Proust ? :confused: :D
 
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