1ère partie
2ème partie
3ème partie
À croire que cela m'arrivait tous les jours. Je ne ressentais rien. Ni colère, ni tristesse, ni déception. Non, rien. Je n'avais qu'une envie, me lever et m'affaler devant la télé avec un bon Jack Daniel's. Pour le programme, tout allait bien. Par contre, pour le carburant, c'était la panne sèche. Plus une goutte. C'est à ce moment que la colère a commencé à faire son apparition. J'enfilais mes vêtements à toute allure, direction la boutique du coin, au fond à gauche, rayon alcool pour homme. À la caisse, attendant mon tour, mon regard se porta machinalement sur la petite télévision, fixée sur le haut du mur. Il n'y avait pas de son, mais les images parlaient d'elles-mêmes. La bouteille se pulvérisa sur le sol instantanément. Les pieds aspergés de bourbon, j'avais du mal à croire ce que je voyais.
- Vous pouvez monter le son ?
- Pas de son monsieur. Vieille télé, plus de son. Cassé, comme votre bouteille. C'est 9 livres 97.
Les images montraient un taxi, une foule de curieux à l'arrière-plan, et surtout, une mare de sang d'un rouge insoutenable, à l'avant du véhicule qui, étonnamment, ne portait quasiment aucune trace du choc.
- Le son s'il vous plaît !
- Pas de son monsieur. Très vieille télé.
Le plan suivant montra une ambulance qui partait à vive allure (je m'étonnais moi-même de percevoir le son des sirènes hurlantes) avec, en médaillon, le portrait de la malheureuse victime. Il s'agissait de Kate.
Etait-elle morte, avait-elle survécu, je ne pouvais le savoir.
Un dernier instant de lucidité me permis de jeter un billet sur le comptoir, et de me faufiler vers la sortie. Après, plus rien. J'ai longuement erré dans les rues de Londres, à la recherche du néant, la tête pleine de pensées dont je n'arrivais pas à me défaire : Kate, ses avertissements, Central Park, notre rencontre, son mot, mon cauchemar, la mare de sang, son mot, Kate, rouge...
Quoi qu'il en soit, je ne sais comment cela a pu se produire, mais c'est au moment où je commençais à retrouver mes esprits que je me suis retrouvé, après quelques heures, devant la porte de ma maison d'édition. J'hésitais un instant, puis je poussais la double porte d'entrée pour me retrouver dans le hall d'accueil, face aux 3 neurones de Betty, notre charmante hôtesse d'accueil, les murs blancs et la moquette triple épaisseur.
- Hey Betty, tu es ravissante aujourd'hui. Paul est ici ?
- Oui, au troisième étage.
- Dans son bureau en fait...
- Bah oui, dans son bureau. Où voulez-vous qu'il soit ?
Je patientais devant l'ascenseur, lorsque 2 autres personnes vinrent se joindre à la file d'attente. Il faisait chaud dans ce hall. C'est à ce moment que les effluves de bourbon, remontant de mes bas de pantalons, se manifestèrent. Je décidais aussitôt de prendre l'escalier, afin d'éviter de passer pour ce que je suis, un alcoolique.
Paul m'accueillit, comme à son habitude, les bras ouverts, me faisant signe de me servir un verre, et de m'installer pendant qu'il terminait une conversation téléphonique.
- Alors champion, ça fait plaisir de te voir ici...
Me dévisageant enfin plus sérieusement du regard, il reprit :
- Tu n'as pas l'air en forme dit moi. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je ne t'ai jamais vu dans cet état.
- Une sale histoire Paul, vraiment... Une sale histoire.
- Hmmm, tu sais que les sales histoires font des bons romans... Non, je plaisante.
Il me fallut deux bonnes heures, 4 ou 5 verres, pour lui raconter dans les moindres détails l'histoire de mes 25 dernières années.
Paul me parut déstabilisé. Néanmoins sa réaction me surprit quelque peu.
2ème partie
3ème partie
À croire que cela m'arrivait tous les jours. Je ne ressentais rien. Ni colère, ni tristesse, ni déception. Non, rien. Je n'avais qu'une envie, me lever et m'affaler devant la télé avec un bon Jack Daniel's. Pour le programme, tout allait bien. Par contre, pour le carburant, c'était la panne sèche. Plus une goutte. C'est à ce moment que la colère a commencé à faire son apparition. J'enfilais mes vêtements à toute allure, direction la boutique du coin, au fond à gauche, rayon alcool pour homme. À la caisse, attendant mon tour, mon regard se porta machinalement sur la petite télévision, fixée sur le haut du mur. Il n'y avait pas de son, mais les images parlaient d'elles-mêmes. La bouteille se pulvérisa sur le sol instantanément. Les pieds aspergés de bourbon, j'avais du mal à croire ce que je voyais.
- Vous pouvez monter le son ?
- Pas de son monsieur. Vieille télé, plus de son. Cassé, comme votre bouteille. C'est 9 livres 97.
Les images montraient un taxi, une foule de curieux à l'arrière-plan, et surtout, une mare de sang d'un rouge insoutenable, à l'avant du véhicule qui, étonnamment, ne portait quasiment aucune trace du choc.
- Le son s'il vous plaît !
- Pas de son monsieur. Très vieille télé.
Le plan suivant montra une ambulance qui partait à vive allure (je m'étonnais moi-même de percevoir le son des sirènes hurlantes) avec, en médaillon, le portrait de la malheureuse victime. Il s'agissait de Kate.
Etait-elle morte, avait-elle survécu, je ne pouvais le savoir.
Un dernier instant de lucidité me permis de jeter un billet sur le comptoir, et de me faufiler vers la sortie. Après, plus rien. J'ai longuement erré dans les rues de Londres, à la recherche du néant, la tête pleine de pensées dont je n'arrivais pas à me défaire : Kate, ses avertissements, Central Park, notre rencontre, son mot, mon cauchemar, la mare de sang, son mot, Kate, rouge...
Quoi qu'il en soit, je ne sais comment cela a pu se produire, mais c'est au moment où je commençais à retrouver mes esprits que je me suis retrouvé, après quelques heures, devant la porte de ma maison d'édition. J'hésitais un instant, puis je poussais la double porte d'entrée pour me retrouver dans le hall d'accueil, face aux 3 neurones de Betty, notre charmante hôtesse d'accueil, les murs blancs et la moquette triple épaisseur.
- Hey Betty, tu es ravissante aujourd'hui. Paul est ici ?
- Oui, au troisième étage.
- Dans son bureau en fait...
- Bah oui, dans son bureau. Où voulez-vous qu'il soit ?
Je patientais devant l'ascenseur, lorsque 2 autres personnes vinrent se joindre à la file d'attente. Il faisait chaud dans ce hall. C'est à ce moment que les effluves de bourbon, remontant de mes bas de pantalons, se manifestèrent. Je décidais aussitôt de prendre l'escalier, afin d'éviter de passer pour ce que je suis, un alcoolique.
Paul m'accueillit, comme à son habitude, les bras ouverts, me faisant signe de me servir un verre, et de m'installer pendant qu'il terminait une conversation téléphonique.
- Alors champion, ça fait plaisir de te voir ici...
Me dévisageant enfin plus sérieusement du regard, il reprit :
- Tu n'as pas l'air en forme dit moi. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je ne t'ai jamais vu dans cet état.
- Une sale histoire Paul, vraiment... Une sale histoire.
- Hmmm, tu sais que les sales histoires font des bons romans... Non, je plaisante.
Il me fallut deux bonnes heures, 4 ou 5 verres, pour lui raconter dans les moindres détails l'histoire de mes 25 dernières années.
Paul me parut déstabilisé. Néanmoins sa réaction me surprit quelque peu.