Italique dans l'italique

Boyo

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27 Octobre 2004
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Bordeaux
Quincun saurait-il si une référence latine, qui normalement est en italique, doit-elle se retrouver en romain ou pas dans un bout de texte qu'il est d'usage (c'est le client qui le souhaite) de mettre entièrement en italiques? Ma bible de l'imprimerie nationale reste de marbre...
 
C'est bien quand on se fait les questions et les réponses : merci Wikipédia :

" Si dans un passage en italique apparaît une expression qui devrait, elle aussi, se distinguer par l'emploi de l'italique — par exemple nom d'une œuvre d'art dans un passage en langue étrangère — on emploie le romain pour préserver la mise en valeur :
I've never read Homer's Iliad. "
Je doit mettre des guillemets pour citer Wikipédia ou des italiques?
Mais j'rigooole...
 
En fait, basiquement, pour comprendre leur logique l'italique et le romain doivent être considés, l'un par rapport à l'autre comme l'équivalent écrit d'un changement de ton à l'oral, qui aboutit donc à un caractère emphatique...

Donc quand on écrit tout en italique, on produit l'emphase (ou tout autre attribut dévolu à l'italique, comme les Titres d'ouvrages, les locutions étrangères) en romain et vice versa.

Pour les guillemet il y a un truc mnémo-technique simple pour savoir si elles sont appropriées : on doit pouvoir remplacer les guillemets ouvrants par l'expression "je cite :". Quand ce n'est pas possible ou illogique c'est généralement l'italique qui convient. L'unique exception (qui confirme la règle) c'est les titres d'articles de revue dans les bibliographies : le titre de la revue est en italiques, le titre de l'article (qui est une forme de citation de la revue) entre guillemets.

Les gens qui font les signes "entre guillemets" avec les doits (à l'américaine) ou qui prononcent carrément "entre guillemets" à tout bout de champ quand ils n'assument pas des expressions qu'ils prononcent sont des gros nazes qui n'arrètent pas de dire "je cite" alors qu'ils ne citent rien du tout.
 
Oui, voire… :siffle:

Encore une histoire de paille dans l'œil du voisin, à la fin on va ressembler aux frères Ripolin, avec chacun repeignant celui de devant soi... ;)
 
...que celui qui n'a jamais coquillé...

Mais c'est vrai, que parfois, un ptit vérificateur orthographique... ma foi...
Là par exemple, le mien depuis 2 jours a sauté dans Word, je ne sais pas pourquoi. J'avoue être un brin inquiet dans mes rédactions amoureuses...

Tiens au fait, zauriez pas une idée du pourquoi du comment qu'il ne veut plus rien corriger cet animal?

Merci au fait pour cette belle belle tirade... orthographique. Avec le beau double geste qu'affectionne tant Niconemo...
 
EMPHATIQUE, adj.
A.
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RHÉT. Qui dépasse la pensée exprimée par l'exagération sémantique ou la mise en relief d'un mot ou d'un groupe de mots. Tour emphatique; pluriel emphatique (synon. pluriel poétique). L'année terrible [1870-1871] adjectif, qui nous paraît aujourd'hui bien emphatique ([SIZE=-2]ARNOUX[/SIZE], Contacts all., 1950, p. 21).
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P. méton. Un geste emphatique, un vrai geste d'orateur ([SIZE=-2]BILLY[/SIZE], Introïbo, 1939, p. 183) :
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P. ext., LING.
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GRAMM. TRANSFORMATIONNELLE Transformation emphatique. Synon. de transformation d'emphase. La transformation emphatique comporte deux opérations : Un déplacement de l'accent d'emphase (...) et une transformation de pronominalisation (Ling. 1972).
Rem. Ling. 1972 enregistre le verbe trans. emphatiser. ,,Emphatiser une phrase, c'est lui faire subir une transformation emphatique``. On rencontre ds la docum. un emploi adj. d'un verbe de même forme, mais de sens plus anc. Cette épithète [parfait] emphatisée ne s'applique pas sans doute à la démocratie ([SIZE=-2]J. DE MAISTRE[/SIZE], Souveraineté, 1821, p. 520).
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PHONÉT. [Dans les lang. sémit.] Consonnes emphatiques. Mode d'articulation des consonnes caractérisé par un rétrécissement de l'ouverture des cordes vocales donnant au mot une sonorité particulière.
Rem. Attesté ds [SIZE=-2]MAR. [/SIZE]Lex. 1933, Ling. 1972, [SIZE=-2]MOUNIN[/SIZE] 1974 et ds la plupart des dict. gén. (Ac. excepté).
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P. anal., B.-A. (Archit., mus., peint.) Qui évoque l'emphase par la pompe, l'extravagance, l'outrance du style ou de l'exécution. Le tréteau qu'un orchestre emphatique secoue Grince sous les grands pieds du maigre baladin ([SIZE=-2]VERLAINE[/SIZE], Œuvres compl., Jadis et Naguère, 1884, p. 207).
 
Oui, voire… :siffle:

Encore une histoire de paille dans l'œil du voisin, à la fin on va ressembler aux frères Ripolin, avec chacun repeignant celui de devant soi... ;)

Oui aussi :siffle:

Je partais du principe qu'au départ c'était une taquinerie et j'y allais de même, sans plus :D
C'était fait entre habitué, donc je pensais que ça mettrait un peu de :eek: :D :siffle:
Cool... quoi :D
 
oui mais dans l'usage courant, les guillemets servent aussi à mentionner que tel mot ne correspond pas tout à fait au contexte, qu'il est faussement exagéré ou qu'il suggère un 2e niveau de lecture.

Un exemple peut-être ? Je cite Sarkozy : "on va nettoyer la banlieu au karsher"
Vous voyez ça marche pas, il manque les guillements autour de "karsher" pour bien marquer que le niveau de connerie atteint dépasse la compréhension du quidam moyen. Quant-au 2e niveau de lecture, j'ai pas trouvé… :D

Je plaisante mais ça ne veut pas dire que l'usage l'emporte sur les règles typographiques… Mais bon, il suffit juste de lire les magazines pour se rendre compte que les principes les plus fondamentaux sont ignorés la plupart du temps… Faisons front à l'ignominie des metteurs en page scélérats ! :siffle:
 
Tu peux éventuellement écrire « On va nettoyer la banlieue au “Kärcher”. », avec les guillemets anglais à l'intérieur des guillemets français, mais « On va nettoyer la banlieue au Kärcher. » convient tout simplement, Kärcher étant le nom propre d'une entreprise, il se compose par défaut comme le texte qui le contient, ici en romain. C'est alors ton choix de le mettre en exergue par l'italique ou les guillemets, mais attention il ne faut pas abuser des bonnes choses : soit l'un, soit l'autre, les deux ça devient lourd.

Les magazines ne sont peut-être pas les meilleures références ? Combien de journaux et magazines ont encore des relecteurs et des correcteurs suffisamment nombreux pour assurer un travail de qualité ? La formation des rédacteurs et journalistes quant à la bonne composition du français de nos jours est-elle suffisante ?
 
Je me permets une incursion concernant les guillemets anglais. Bien que beaucoup les utilisent, dans les magazines surtout, très souvent comme symboles graphiques, ils ne s'appellent pas guillemets anglais pour rien, et leur utilisation dans un texte en français est erronée. Ce d'autant plus que dans ce cas-là, ils doublonnent, ce qui est également inexact en plus d'être inesthétique. Cette règle s'applique si l'un mot se retrouve entre guillements dans une citation: «On va nettoyer la banlieue au «Kärcher.» Nous parlons ici de typographie... pas de mathématique, où lorsque l'on ouvre trois parenthèse dans une équation, elles doivent systèmatiquement être fermées à un moment où à un autre.

Pour le reste, je partage ce qui a été dit concernant l'emploi de l'italique.

Quant aux correcteurs dans les rédactions, je parle en connaissance de cause puisque dans mon groupe de presse la correction a été réduite à son stricte minimum, et la marche à suivre est à l'utilisation du correcteur orthographique. Tout repose sur lui désormais: je ne vous dis pas les dégâts à la lecture d'un texte contenant des fautes grossières. Pour ma par je décroche très rapidement. Mais il parait que les gens s'en fichent... et s'habituent à tout. :rolleyes:
 
Puis-je me permettre de rajouter 2 autres "hélas" au précédant : ça fera les 3 requis en de pareilles circonstances.
La grosse institution pour laquelle j'œuvre depuis maintenant pas mal d'années n'a jamais compris qu'un poste de relecteur est essentiel dès lors que des textes divers et variés sont produits quotidiennement en grosses quantités.
Et encore, un poste ne suffirait certainement pas, mais je suis certain que tout le monde s'y retrouverait en fin de compte car il y va de la crédibilité de l'institution, du temps de travail gaché en de repetées corrections de dernière minutes (voire too late), en stress et autres complications.
Mais le premier personnage de la ville disait l'autre jour en réunion qu'il allait promouvoir le "clavardage" sur le portail Internet de la cité. On aura bien sûr reconnu la contraction importée certainement de l'outre-Atlantique francisée.

Depuis toujours les relectures se font à l'arrache, par qui veut bien s'y coller. Alors les gens ont développé une meilleure connaissance du français, certes, mais ils volent (malgré eux) un ou plusieurs postes essentiels de relecteurs.
J'ai un ami qui s'est lancé il y a quelques temps dans la correction de sites : je crois qu'il aura du boulot pour les restant de ses jours!
 
Et parfois les relecteurs devraient penser à ouvrir un journal de temps en temps pour se cultiver !
Les corrections sont parfois abusives et destructives pour cause d'inculture crasse. J'ai un exemple précis en tête. Une amie qui avait rédigé un article qui, au détour d'une phrase, citait la "Politique de la ville" les correcteurs on trouvé que la majuscule était de trop et que ça maquait de précision... résultat c'est "politique menée par la ville" qui est passé... D'une responsabilité de l'État on est passé à une responsabilité pour la municipalité... et la rédactrice en question passe pour une imbécile.