A
Anonyme
Invité
On ne présente plus le Dr Evil dont les recherches sur le Mont Sinaï avaient abouti, au milieu des années 1980, à la découverte d'un onzième commandement écrit par Dieu sur les tables de la loi : « Merde à celui qui le lit ». Outre l'interdiction définitive de s'approcher de tout lieu de culte à moins de cinquante mètres, cette découverte lui apporta une renommée internationale qui permit au savant de poursuivre paisiblement ses travaux dans sa résidence surveillée de Longyearbyen. C'est précisément dans cette charmante bourgade du Nord de l'Europe que le Dr Evil a rencontré xxx (1), posteur anonyme lui-même poursuivi par la mafia vaticane. Mortellement blessé d'un coup de crucifix (2) à l'orteil, le malheureux eut tout juste le temps de confier au chercheur un disque dur au contenu crypté et marqué seulement d'une inscription absconse : « Mackie m'a tuer. » Au terme de plusieurs mois d'un travail patient de décodage des données contenues sur le support magnétique, le Dr Evil est parvenu à reconstituer, fragment par fragment, l'intégralité du texte de ce qui semblait être le journal intime du mystérieux xxx. Avec sa bonhomie et sa gentillesse habituelles, l'illustre savant a accepté qu'il trouve ici la marque de notre gratitude de nous confier quelques extraits de ce « journal d'un posteur anonyme », afin que la mémoire de ce dernier soit perpétuée auprès de ses confrères floodeurs et dans l'espoir que l'un deux saura enfin répondre à la question ultime : « Comment peut-on mourir d'un coup donné sur l'orteil, et si oui, pourquoi ? »
Mardi 15 janvier 1991.
Mon cher journal,
Hélène a déboulé ce soir comme une furie. Elle semblait hors d'elle et n'arrivait pas à se calmer. J'ai cru que ça pouvait avoir un rapport avec le fait que son sac à main était en feu, mais, même une fois sous la douche, elle a continué à hurler comme une folle. Je crois qu'Édouard à raison, je devrais faire plus attention à elle. Je ne peux tout de même pas la forcer à la thérapie ! Quoique... Le Docteur Muffon pense qu'un léger traitement préventif assorti d'un internement de quelques semaines pourrait lui faire le plus grand bien. Vraiment, je ne sais plus quoi penser. Je me sens parfois si désemparé, comme le jour où elle a demandé sa main à Mme Lavigne, notre voisine grabataire de 97 ans... Que faire ? La nuit porte conseil dit-on... Si seulement elle pouvait arrêter de dormir avec notre Livret A !
Note 1 : Penser à acheter le lait des chats.
Note 2 : Prendre aussi les journaux. On ne sait vraiment pas ce qui se passe : il y aurait une guerre, on serait fichus de la manquer !
Mercredi 16 janvier 1991.
RAS.
Note 1 : Trouver un moyen de se débarasser des chats.
Note 2 : Penser à acheter les journaux plus souvent.
(1) Prononcer « triplex », « troizix » ça fait village armoricain.
(2) Là on ne dit pas le « x » à la fin, bande de nazes !
Mardi 15 janvier 1991.
Mon cher journal,
Hélène a déboulé ce soir comme une furie. Elle semblait hors d'elle et n'arrivait pas à se calmer. J'ai cru que ça pouvait avoir un rapport avec le fait que son sac à main était en feu, mais, même une fois sous la douche, elle a continué à hurler comme une folle. Je crois qu'Édouard à raison, je devrais faire plus attention à elle. Je ne peux tout de même pas la forcer à la thérapie ! Quoique... Le Docteur Muffon pense qu'un léger traitement préventif assorti d'un internement de quelques semaines pourrait lui faire le plus grand bien. Vraiment, je ne sais plus quoi penser. Je me sens parfois si désemparé, comme le jour où elle a demandé sa main à Mme Lavigne, notre voisine grabataire de 97 ans... Que faire ? La nuit porte conseil dit-on... Si seulement elle pouvait arrêter de dormir avec notre Livret A !
Note 1 : Penser à acheter le lait des chats.
Note 2 : Prendre aussi les journaux. On ne sait vraiment pas ce qui se passe : il y aurait une guerre, on serait fichus de la manquer !
Mercredi 16 janvier 1991.
RAS.
Note 1 : Trouver un moyen de se débarasser des chats.
Note 2 : Penser à acheter les journaux plus souvent.
(1) Prononcer « triplex », « troizix » ça fait village armoricain.
(2) Là on ne dit pas le « x » à la fin, bande de nazes !