A
Anonyme
Invité
Samedi 9 novembre 1993.
Mon cher journal,
Quelqu'un t'a lu ! Quelqu'un qui n'était pas moi ! Je ne parviens pas à croire que quelqu'un ait osé ne serait-ce que poser les yeux sur ta couverture brune (séjour forcé dans l'abri oblige)... Qui, qui aurait pu faire une chose pareille ? Qui pouvait savoir que je te range chaque soir sur l'étagère du haut du placard à balais ? Hélène n'approche jamais de ce placard qui lui donne des migraines paraît-il... Son amie Solange (celle qui se prend pour une héroïne d'heroic-fantasy) était avec nous cet après-midi. Elle est restée dans le placard pendant près de deux heures, mais elle avait une bonne raison. D'ailleurs, quand je lui ai posé la question de savoir ce qu'elle faisait là, elle m'a répondu : « J'ai une bonne raison ». Puisque ce n'est pas elle, qui t'a touché ?
Cette question me hante. L'idée de ces doigts inconnus glissés entre tes pages m'est insupportable. On m'a pris pour un bleu, mais je finirais par découvrir le poteau rose ! J'aurais le dernier mot, qu'on se le dise ! Mais ce soir, je vais manger chez les Lebowsky. Ils nous ont invité tous les deux. Hélène, qui est encore souffrante, a préféré renoncer. Je te laisse, je ne voudrais pas arriver en retard.
Note : Penser à chiper quelques marguerites sur le balcon de la vieille Lavigne.
Mon cher journal,
Quelqu'un t'a lu ! Quelqu'un qui n'était pas moi ! Je ne parviens pas à croire que quelqu'un ait osé ne serait-ce que poser les yeux sur ta couverture brune (séjour forcé dans l'abri oblige)... Qui, qui aurait pu faire une chose pareille ? Qui pouvait savoir que je te range chaque soir sur l'étagère du haut du placard à balais ? Hélène n'approche jamais de ce placard qui lui donne des migraines paraît-il... Son amie Solange (celle qui se prend pour une héroïne d'heroic-fantasy) était avec nous cet après-midi. Elle est restée dans le placard pendant près de deux heures, mais elle avait une bonne raison. D'ailleurs, quand je lui ai posé la question de savoir ce qu'elle faisait là, elle m'a répondu : « J'ai une bonne raison ». Puisque ce n'est pas elle, qui t'a touché ?
Cette question me hante. L'idée de ces doigts inconnus glissés entre tes pages m'est insupportable. On m'a pris pour un bleu, mais je finirais par découvrir le poteau rose ! J'aurais le dernier mot, qu'on se le dise ! Mais ce soir, je vais manger chez les Lebowsky. Ils nous ont invité tous les deux. Hélène, qui est encore souffrante, a préféré renoncer. Je te laisse, je ne voudrais pas arriver en retard.
Note : Penser à chiper quelques marguerites sur le balcon de la vieille Lavigne.