Le videur.

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Bilbo

Membre expert
Club iGen
17 Octobre 2001
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Strasbourg
Je m'adresse aux fêtards invétérés qui dansent gaillardement sur la piste, décorent le sapin de Noël et boivent jusqu'à plus soif diverses boissons psychotropes. Vous entrez dans le Bar, y passez du temps et en ressortez parfois complètement allumé à force de siffler de la Kriek ou plus simplement reposés après avoir savouré une verveine/menthe (theBig ne supporte plus rien d'autre, je tiens ça de Foguenne, le barman, qui m'a confié qu'Aricosec et lui consommaient désormais la même chose et qu'il a accepté de servir ça dans une chope pour theBig. Pensez, il ne faut pas qu'il perde la face. Mais je m'égare). Et pendant ce temps, coincé dehors entre la porte et la grille, le videur veille.

Le videur. Vous savez ce type baraqué avenant mais à qui "faut pas la faire". Celui dont il faut attirer l'attention pour accéder au saint des saints. Il est pote avec tous les habitués mais pas un, jamais, ne lui a offert un verre.

Le videur. Quand il a soif, il demande à un client de lui chercher une petite bière au comptoir. Il l'aura une demi-heure plus tard totalement éventée parce que traverser la salle bondée, se faire servir, expliquer au barman que c'est pour "Bob" et retraverser la salle : ça demande du temps. Il la boira ensuite dans le froid avec la buée qui lui emplit les narines en pensant aux beaux jours quand il a une vue imprenable sur les décolletés abyssaux des jeunes femmes.

Le videur. Il veille à côté de la plaque "Tenue correcte exigée" et porte par conséquent la cravate. Cette cravate qui l'engonce alors qu'il porte jean et t-shirt quand il joue avec ses enfants.

Le videur. C'est lui qui doit montrer ses muscles alors qu'on lui demande surtout de repérer les fâcheux et que pour ne pas se tromper, du coup, il repère aussi les âmes cassées, les joies superficielles, les peines profondes et plus épouvantables encore à ses yeux : les gens bien dans leur peau.

Le videur. Il peut faire ses courses en semaine, chercher les enfants à l'école, choisir avec soin son boucher, cuisiner, aider le petit dernier à faire ses devoirs, ... Il ne va jamais à la messe parce que c'est l'heure à laquelle il dort.

Le videur. Au petit jour il rentre à la maison, il va chercher des croissants encore chauds pour sa petite famille en pensant à ce moment de pur bonheur où il mangera sa part, seul, devant un grand café avant d'aller se coucher.

Le videur. Ce type étrange qui, indubitablement, fait partie du monde de la nuit mais n'en vit pas la vie n'est pas à plaindre. Il aime ça.

À+
 
Bilbo a dit:
Je m'adresse aux fêtards invétérés qui dansent gaillardement sur la piste, décorent le sapin de Noël et boivent jusqu'à plus soif diverses boissons psychotropes. Vous entrez dans le Bar, y passez du temps et en ressortez parfois complètement allumé à force de siffler de la Kriek ou plus simplement reposés après avoir savouré une verveine/menthe (theBig ne supporte plus rien d'autre, je tiens ça de Foguenne, le barman, qui m'a confié qu'Aricosec et lui consommaient désormais la même chose et qu'il a accepté de servir ça dans une chope pour theBig. Pensez, il ne faut pas qu'il perde la face. Mais je m'égare). Et pendant ce temps, coincé dehors entre la porte et la grille, le videur veille.

Le videur. Vous savez ce type baraqué avenant mais à qui "faut pas la faire". Celui dont il faut attirer l'attention pour accéder au saint des saints. Il est pote avec tous les habitués mais pas un, jamais, ne lui a offert un verre.

Le videur. Quand il a soif, il demande à un client de lui chercher une petite bière au comptoir. Il l'aura une demi-heure plus tard totalement éventée parce que traverser la salle bondée, se faire servir, expliquer au barman que c'est pour "Bob" et retraverser la salle : ça demande du temps. Il la boira ensuite dans le froid avec la buée qui lui emplit les narines en pensant aux beaux jours quand il a une vue imprenable sur les décolletés abyssaux des jeunes femmes.

Le videur. Il veille à côté de la plaque "Tenue correcte exigée" et porte par conséquent la cravate. Cette cravate qui l'engonce alors qu'il porte jean et t-shirt quand il joue avec ses enfants.

Le videur. C'est lui qui doit montrer ses muscles alors qu'on lui demande surtout de repérer les fâcheux et que pour ne pas se tromper, du coup, il repère aussi les âmes cassées, les joies superficielles, les peines profondes et plus épouvantables encore à ses yeux : les gens bien dans leur peau.

Le videur. Il peut faire ses courses en semaine, chercher les enfants à l'école, choisir avec soin son boucher, cuisiner, aider le petit dernier à faire ses devoirs, ... Il ne va jamais à la messe parce que c'est l'heure à laquelle il dort.

Le videur. Au petit jour il rentre à la maison, il va chercher des croissants encore chauds pour sa petite famille en pensant à ce moment de pur bonheur où il mangera sa part, seul, devant un grand café avant d'aller se coucher.

Le videur. Ce type étrange qui, indubitablement, fait partie du monde de la nuit mais n'en vie pas la vie n'est pas à plaindre. Il aime ça.

À+

et sinon tu retourne quand dans ta campagne? :siffle:
 
moi j'ai connu un videur qui était plutôt du genre à raccompagner les gens à la batte de base ball, à se torcher la gueule dans les bars et à se foutre sur la gueule avec sa nana... :zen:
 
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Réactions: Dark Templar
Beau texte, Bilbo. ça m'a rappelé le videur de la boîte où je sortais quand j'avais 16-18 ans. Je le salue toujours quand je le vois aujourd'hui. En fait, la dernière fois, c'était à "notre" AES au Pot au Lait. Un black. Certains l'ont peut-être remarqué furtivement...
 
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