J'aurai mieux fait de me taire
Non, non, surtout pas !
Tu as eu raison de faire la remarque : si toi tu as pensé que ça pouvait être une faute, alors on peut être sûrs que d'autres l'on aussi pensé, sans oser poser la question, ni faire la remarque
c'est plutôt de ma faute, car je n'avais pas pensé à donner (ou rappeler) cette nuance, et - grâce à toi - la réponse a profité à tout le monde.
D'un autre côté, je reconnais que je coupe un peu les cheveux en quatre, pour être volontairement le plus précis et le plus clair possible, pour réduire le plus possible les risques de confusions dans l'esprit de débutants ou de gens qui manquent un peu de bases et/ou d'expérience
mais j'avoue aussi que normalement dans les conversations techniques de tous les jours entre gens du métier (qui sont censés avoir bien compris ce que sont une image, des pixels, une flasheuse et des points) on n'utilise que les "dpi" autant pour les images que les imprimantes !!!
(et puis de temps en temps, on se rend compte que le professionnel avec qui l'on discute, bien qu'étant professionnel et donc censé connaître la différence, confond les pixels d'images et les points d'imprimante
et qu'il scanne bravement ses images contones à 720 ppi "
parcequ'il a une imprimante jet-d'encre avec une résolution de 720 dpi" !!!)
popple a dit:
Mais alors dans le cas où le client n'a pas encore choisi son imprimeur, comment faut-il faire ? Y a-t-il des "standards" en matière de tailles de fichier pour les affiches et calicots grands formats ? Et pour la résolution, ne connaissant pas la linéature, ne vaut-il mieux pas remettre des fichiers en 300 dpi ?
Pour être franc, à mon sens, on ne peut pas faire un travail de PAO correct si on ne connaît pas l'imprimeur et le papier et leurs contraintes techniques (les contraintes du papier ET les contraintes de l'imprimeur)
Éventuellement, on peut s'approcher au plus près de standards connus et classiques
et par expérience on peut s'approcher des impératifs techniques d'impressions qui sortent de l'ordinaire, mais qui rappellent des situations connues et/ou vécues
Par exemple, si tu fais un dépliant 3 volets 3 x 10 cm par 21 de hauteur à 10000 ex., tu peux logiquement prévoir une impression offset sur un couché brillant, donc une trame 175 lpi et des images à 175 x 1,7 = 297,5 ppi : donc à 300 ppi, ça passera sans problème.
Mais si tu fais un PDF de ton dépliant et que ton client débarque ensuite chez moi pour le faire imprimer sur un KeyColor quelconque, ce n'est même pas la peine que j'essaye d'imprimer ton PDF : alors que le résultat aurait été parfait sur un couché brillant, c'est planté d'avance sur le KeyColor, et pour pouvoir faire le travail j'ai besoin des fichiers natifs (ou je vais perdre mon temps à corriger le PDF).
Et pourtant je travaille avec des presses offset classiques, et seul le papier pose problème
Alors si en plus le procédé d'impression change (rotatives, sérigraphie ou impression numérique), les contraintes sont tellement différentes qu'il n'y a plus qu'à tout refaire (surtout si tu as fait ta mise en page sur Photoshop et que tu livres un fichier aplati !!!)
popple a dit:
j'ai déjà été confrontée au problème suivant : l'imprimeur travaillait su Mac et moi sur PC : il y avait donc un problème d'incompatibilité des polices et je devais donc faire toute l'affiche dans Photoshop et l'applatir
Ah, les PC et leurs polices
ça c'est une belle plaie !!! mais avant d'aplatir, il y a quand-même d'autres solutions pour conserver les textes en vectoriel : le résultat est plus propre, mais nécessite plus de travail intermédiaire
donc :
- soit tu sais faire ce travail intermédiaire et tu livres à l'imprimeur des fichiers nickels vectoriels et vectorisés "prêts à flasher"
mais si tu sais faire le travail intermédiaire, c'est parce que tu sais aussi te servir de tes outils, et que tu connais aussi les règles de l'art du métier, et dans ce cas, tu bosses sur un Mac et non pas sur une merde de PC, et tu utilises aussi InDesign, XPress, et Illustrator, et non pas seulement Photoshop

,
- soit tu ne sais pas, et dans ce cas, c'est l'imprimeur qui se tape le travail en plus, et qui le facture
mais comme le client ne veut pas payer, l'imprimeur ne fait pas le travail supplémentaire, et il sort une impression pourrie (selon mes critères
)
popple a dit:
C'est pour çà que j'avais pris l'habitude de travailler en taille réelle à 300 dpi (avec certes, des fichiers très lourds) pour éviter que les textes de Photoshop ne pixellisent.
Mais le texte "pixellisera" toujours (avec des guillemets), puisque
après impression, ce ne sont plus les pixels qui sont visibles, mais les points de trame (à condition que la résolution de sortie de l'image soit au moins égale à la linéature d'impression). Donc après impression le texte ne "pixellise" pas, il "point-de-tramise" (c'est un néologisme "claude-soixante-douzien" : je viens de l'inventer)
As-tu été voir l'explication en image que j'ai mis en lien dans mon 1er post ?
(je redonne le lien en + clair, car il n'était pas évident de le voir)
http://forums.macg.co/vbulletin/showpost.php?p=4071988&postcount=21
Quand on regarde les résultats imprimés, donc "point-de-tramisés", d'un texte pixellisé dans Photoshop, même avec une résolution élevée, je trouve que ça fait un peu peur !!!
popple a dit:
lorsque l'on ajoute aux titres des effets que l'on n'a pas forcément dans Xpress, du moins pas exactement de la même manière que dans Photoshop, que fait-on ?
La réponse de
kernel32.dll est exactement
la règle de base à garder constamment à l'esprit et à suivre au plus près possible : "Il faut au maximum conserver les données vectorielles.", et j'ajouterai que c'est une règle qui s'applique autant pour les textes que pour tous les autres éléments graphiques (filets, cadres, blocs) et donc aussi pour les logos !!!
Maintenant, quand on n'a pas le choix (a-t-on vraiment "pas le choix" ???) et que l'effet voulu ne peut se faire qu'avec un texte dans une image de type bitmap de Photoshop, ben
tant-pis, on fait avec Photoshop, mais avant il vaut mieux comprendre à quoi on s'expose, et se rappeler que ce ne sera pas forcément aussi beau qu'à l'écran
rappelle-toi :
le WYSIWYG est une connerie, la presse offset essaye de reproduire à peu près ce que l'écran affiche, ou l'écran essaye à peu près de mal simuler ce que la presse va imprimer.
Et, il y a moyen pour certains effets dans Photoshop de conserver le texte en vectoriel avec l'effet en type bitmap : par exemple, dans un ombré simple, réalisé avec la fonction d'ombre de InDesign, ou avec l'extension Shadow Caster dans XPress,
le texte reste vectoriel et seule l'ombre est une image de type bitmap. Alors que si tu réalises un ombré simple dans Photoshop et que tu aplatis ensuite, le texte et l'ombre seront de type bitmap, donc flous : pour l'ombre, c'est normal, mais pour le texte c'est plus gênant.
Mais, si tu regardes bien mon post que je cites ci-dessus, et ses textes qui font peur, tu noteras que ce que je montre est en corps 8 points !!! donc les défauts de la trame 150 lpi sont énormes par rapport à la taille des caractères !!! en revanche pour un titre en 40 points, toujours en trame 150, ce n'est pas si visible (je ne sais plus si je l'ai dit, mais certains imprimeurs, comme MPO, recommandent de ne pas faire du texte dans Photoshop en-dessous de 24 points : donc Photoshop et ses effets reste utilisable pour des titres).
kernel32.dll a dit:
On n'a jamais le nez collé contre une affiche de 1,50m, donc plus le format est grand plus on tolère une résolution basse. Considère qu'un fichier de 30x40cm à 300dpi est suffisant pour à peut près tous les types de sorties.
Il est clair que l'on a jamais le nez collé sur certaines affiches, comme les 4 x 3 m, qui sont faites à partir d'un doc 40 x 30 flashé en trame 150 lpi et agrandis 10 fois (soit une trame 15 lpi à la sortie).
En revanche, on a souvent le nez collé sur des affichettes A3, 32 x 45 ou 40 x 60 cm apposées dans des vitrines de magasin, ou sur des affiches 60 x 80 cm, comme les affiches électorales collées sur les panneaux à côté des écoles. En général, ce n'est pas un problème car ces affiches sont réalisées souvent en impression offset avec des trames standard, ou en impression numérique jet-d'encre avec des trames stochastiques qui "gomment" les défauts
mais ça n'empêche pas de privilégier le vectoriel au maximum.
(pour une 40 x 60 ou une 60 x 80, je travaille en général sur un fichier "à tel" (à 100%) et je prévoie une impression en trame 120, avec une résolution théoriquement un peu basse, mais quand-même suffisante de 180 ppi)
Mais on a aussi le nez collé sur les affiches 116 x 171 des Abribus, ou les 116 x 342 des colonnes Morris, ou les affiches d'environ 90 x 120 des cinémas, et dans ce cas, la trame est très grosse :
du même ordre que les 30 lpi des affiches 80 x 120 que je fais faire par mon sérigraphe préféré, celui dont je parlais dans mon 1er post,
puisque les affiches d'Abribus et de colonnes Morris sont réalisées en agrandissant environ 5 fois le film de départ*. Et comme la trame est très grosse, les défauts d'un texte pixellisé-tramé sous Photoshop sont aussi très visibles !!! (et ça fait crade)
* donc :
- si le film est en trame 150 lpi, l'affiche est en 30 lpi, et des images à 225-250 ppi suffisent,
- si le film est en 175 lpi, l'affiche est en 35 lpi et il faut des images à 265-300 ppi
mais je ne sais pas si les sérigraphes sont passés à la trame 175 lpi.
En ce qui concerne les imprimeurs numériques sur des traceurs jet-d'encre, ils travaillent courament à 150 ppi, mais peuvent se contenter de 100 ppi pour limiter la taille des fichiers dans des impressions très grand format
N'oublies pas que quand tu fais une image à 300 ppi alors qu'une à 100 ppi aurait suffit,
tu multiplies le poids du fichier par 9
et non seulement tu te fais chier à travailler parce que ton ordinateur rame, mais tu te fais chier aussi à transférer le fichier sur un support pour l'amener à l'imprimeur (dans l'exemple de ton affiche 150 x 100 il te faudra un DVD à 300 ppi alors qu'une clé USB 256 Mo suffit avec la bonne résolution !!!), l'imprimeur perdra du temps à le copier sur son disque dur, perdra du temps à l'ouvrir pour le contrôler, perdra du temps à le corriger si nécessaire, perdra du temps à le réenregistrer et à le mettre à jour, perdra du temps à créer le fichier d'impression, perdra du temps à le transmettre au RIP du traceur, qui perdra du temps à le ripper
et soit l'imprimeur ajoutera ce temps perdu sur ta facture, soit te regardera d'un sale oeil noir et chargé de reproches