Enfin bref, je crois qu'il n'y a pas d'explication sensée... C'est comme ça, pis c'est tout. :rolleyes:
La tradition. La reproduction d'habitudes, surtout bourgeoises, au sens premier du terme. La conservation par delà la perte du sens. Par delà la perte de l'utilité. Par delà la perte du symbole. Sans même que l'on ne puisse attacher à la conservation d'une pratique désuète l'appartenance à une quelconque classe, caste, distinction.
Tout ça est un phénomène social extrêmement répandu.
Ceci étant dit, il existe encore des sphères sociales dans lesquelles E.V. a son utilité.
Dans les activités où l'on porte encore une partie du courrier à la main. Soi-même, ou avec les petites mains qui travaillent pour soi.
Les avocats, pour reprendre ma question, utilisent une autre abréviation, entre eux, pour se transmettre le courrier dans les boites aux lettres des palais de justice. Le courrier d'avocat à avocat doit passer par les boites aux lettres des palais, et non celles des études. Ce courrier se transmet donc à la main. Les secrétaires, les assistantes, les avocats eux-mêmes, se déplacent de leur étude au palais pour faire transiter ces documents. Et, comme d'autres professions juridiques (les huissiers notamment), ils transmettent beaucoup d'autre courrier de main à main, et utilisent donc encore e.v., notamment pour trier le courrier qui doit être affranchi, et celui qui sera porté à la main.
Et les autres ? Ce qui n'est pas sensé à une explication. Et comme souvent lorsqu'il 'agit de comportements humains, les explications qui ne sont pas sensées sont irrationnelles, et donc profondément sociales. Utiliser E.V., c'est maintenir une tradition qui appartient à des sphères très notabilisées, et qui n'a vraiment d'utilité que pour elles. C'est donc "en être", d'une façon délicieusement désuète. C'est être bourgeois au sens premier du terme : être du bourg.
