thebiglebowsky a dit:
Je ne crois pas ....
Je ne vois aucune "origine commune ni comparable" entre un taureau qui se fait embrocher dans une arène et une petite fille à qui on inflige le dernier des outrages.... à la limite, je trouve cette juxtaposition indécente...
En effet, tu as tout à fait raison. Ne mélangeons pas tout. Un grand sociologue nous a expliqué depuis bien longtems ce qu'était le processus de civilisation, la pacification des guerriers, le contrôle de nos pulsions et au delà de nos émotions. Il nous a expliqué aussi, comment dans nos sociétés la mort était niée, cachée. Quand il parle de "la mort", ce sont les vieux, les mourants qui nous sont cachés.
Dans nos sociétés, où ne prime que l'idéologie de la jeunesse à tout prix, le désir, infantile et égotiste de ne pas mourir, voire la négation de la mort et donc de la vieillesse qui va avec, on peu s'interroger sur le rejet quasi épidermique du seul spectacle qui, en occident (et hors le spectacle à distance représenté par les JT), met en scène la mort. Ne serait-ce que la mort d'un animal qui, je le rappelle ici, n'est élevé que pour ça, dans un envirronnement qui n'a rien à voir avec l'élevage de poulets en batterie ou même du bétail élevé en enclos fermés. Que penser du "massacre" de troupeaux entiers de bovins lors de la crise de la vache folle sous prétexte de "principe de précaution". Qui n'a pas vue ces amoncellements de carcasses dont l'image faisait penser à d'autres amoncellements de cadavres...
Rappellons nous bien une chose, cette civilisation dans laquelle nous vivons est née au sortir d'Auschwitz, de Dachau et de Mathausen et, malgré toutes les commémorations, nous n'avons pas encore pris la mesure de ce cataclysme pour notre humanité. Depuis ce moment là, plus une nation, plus un homme ne peut décemment élever sa prétention à l'humanité sans que, derrière, le fantôme de ces millions de sacrifiés à l'autel du progrés de la civilisation ne nous souffle l'irrémédiable perte de notre humanité.
Alors, nier la mort n'est qu'un autre moyen de nier l'inhumanité fondamentale qui fonde finalement notre humanité. Quand nous aurons tous oublié la mort, oublié que chacun d'entre nous puisse être un jour gardien de camp ou meutrier, alors le troisième reich aura gagné. Nous ne serons plus les uns pour les autres des hommes, mais simplement des choses. Nous ne sommes d'ailleurs, dans l'esprit de certain, déjà plus que des produits...
La valeur de la vie ne se mesure qu'à l'aune de la conscience que l'on a de la mort.
Soyons humain, affrontons la mort en face.