Le portage salarial à mon avis c'est pas un bon plan.
La procédure d'enregistrement en profession libérale pour obtenir le numéro de siret prend environ un mois. En attendant tu as toujours ton double du formulaire que tu as déposé.
Tu peux déjà facturer en précisant à ton commanditaire que ton immatriculation est en cours, il y a quand même une tolérance pour les débuts d'activité, le but c'est qu'au final tu sois dans la légalité. Et puis ton client ne te paieras probablement pas immédiatement, 30 jours fin de mois ça devrait aller pour que tu puisses lui fournir un siret.
Lors de ton immatriculation, aux impôts, si tu n'as pas trop de frais, tu peux débuter en statut micro BNC, tu n'as pas de compta autre que ta facturation, tu ne déduis pas tes frais pros et investissements, mais tu as un abattement forfaitaire qui est sensé couvrir tes frais. Si tes frais réels sont supérieurs à cet abattement, tu peux opter pour le réel simplifié, tu dois alors tenir ta compta « simplement » avec les dépenses et recettes (se renseigner sur les règles comptables).
Puisque ton activité est faible, tu peux aussi être dispensé de TVA, il faut le mentionner sur tes devis et notes d'auteur sous la forme « dispense de TVA - article 293B du CGI ». Sinon les créations ont une TVA de 5,5% et les travaux d'exécution sont taxés à 19,6%.
L'adhésion à une association de gestion agréée (Artaga pour les graphistes et artistes) évite un malus de 25% au niveau de l'imposition de ton résultat indépendant (mais si tu es déficitaire, tu t'en fous un peu), et permet surtout de connaître tout ce qu'il faut savoir pour pas se retrouver dans la mouise.
Ça c'est pour l'aspect fiscal.
Maintenant l'aspect social : la Maison des Artistes gère les cotisations sociales qu'elle reverse à l'Urssaf. En théorie la première année d'activité on est en « précompte », cela signifie que ce sont tes commanditaires qui versent les charges sociales minimales (maladie veuvage, CSG, CRDS) à la MdA en ton nom, et qu'ils te versent le net déduit.
L'idée du précompte est qu'ainsi le commanditaire est sûr que les charges ont bien été versées et que l'Urssaf ne viendra pas l'emmerder avec ça. Les années suivantes, à partir du moment où on est accepté et immatriculé par la MdA, on peut être dispensé de précompte et verser soi-même ses cotisations sociales.
En pratique les commanditaires non habitués à ce système ne veulent généralement pas en entendre parler.
Il faut savoir également qu'en cas de client indélicat qui t'aurait versé le net et qui se serait gardé les charges dans la poches, la MdA se retournera contre toi et non contre le client. Tu seras ainsi obligé de verser ces charges déjà retenues, c'est comme si tu payais deux fois tes cotisations, à charge pour toi de te retourner contre le client.
Conclusion si on se passe du précompte, on élimine ce gros risque, on facilite la vie de nos clients, et la MdA nous fait des appels de cotisation normaux comme si nous étions déjà dispensé de précompte.