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icône : substantif féminin. Une icône .../... :D ;)

Pas nécessairement. Le masculin est accepté par le Petit Robert au sens de symbole graphique affiché sur un écran d'ordinateur mais il s'écrit alors sans accent circonflexe : un icone.

Cette orthographe est d'ailleurs celle que recommande le Petit Robert.

À propos de l'orthographe d'icône/icone, le débat fait rage sur certains forums linguistiques alors que dans le sens présent (vocabulaire de l'informatique) les dictionnaires sont partagés entre icone et icône, bien qu'une préférence générale soit donnée à icone (n.m. ou n.f.) par opposition à icône (n.f.) qui serait réservé à la définition peinture religieuse etc.
 
ICÔNE, subst. fém.
LING. ,,Dans la classification de Peirce : type de signe qui opère par similitude de fait entre deux éléments; p. ex. : le dessin représentant une maison et la maison représentée`` (Media 1971).

En fait je pense que un icone (masculin, sans accent circonflexe) est encore un anglicisme, un avatar de icon, neutre et sans accent en anglais, francisé en icone, masculin et sans accent.
Je n'ai rien contre les emprunts aux langues étrangères, bien au contraire, mais quand l'équivalent existe déjà en français - voir la définition citée -, je n'en vois pas l'utilité; tout comme, au hasard, 'challenge' qui a tendance à supplanter 'défi'.:(

Cela dit, travaillant dans l'informatique, je suis a mon grand dam le premier à utiliser ces anglicismes, dont mon métier use et abuse.:siffle::siffle:
 
C'est amusant, quand-même, ce que les emprunts du français à l'anglais soulèvent les passions en France, chez certaines "élites intellectuelles", alors que les emprunts de l'anglais au français passent comme une lettre à la poste chez les anglos-saxons :siffle: :rolleyes:

:mouais:
 
C'est très bien, comme néologisme. Je ne vois pas pourquoi l'on te ferait des remontrances.
À moins que sous le pseudonyme de ton critique se cache un descendant excédé du préfet ...

Je vous soumets un sujet de réflexion : ne pensez-vous pas que l'anglais est, finalement, plus conservateur quant au sens des mots, que le français. Deux exemples.
  1. librairie [library] : en français, le sens est passé de bibliothèque à "magasin où l'on vend des livres" tandis que l'anglais a conservé le sens ancien, celui de notre bon vieux Montaigne (ah ! Montaigne !)
  2. déception [deception] : là encore l'anglais a conservé le sens du moyen français.
J'en avais d'autres en têtes mais, outre que mon fil serait trop long, ils se sont échappés de mon petit crâne.

Z'en pensez quoi ?
Est-ce que ce n'est pas plutôt une histoire d'histoire, justement ? Admettons que ces exemples fonctionnent, est-ce qu'on ne pourrait pas trouver leurs pendants dans le français, et leurs contraires dans l'anglais ?

Libraire, librairie, bibliothèque, bibliothécaire, je connais un peu leur histoire, pour l'avoir croisée dans plusieurs travaux.
La distinction librairie-bibliothèque apparait au XV° siècle, et uniquement dans les pays latins.

La bibliothèque, à l'époque, c'est une pièce, un lieu, le lieu où l'on stocke les livres.
La librairie, c'est une charge.
Historiquement, le libraire, c'est le copiste, celui qui recopiait les manuscrits originaux pour les conserver. Les libraires étaient des personnels civils, attachés aux centres d'enseignement. Avec la création des universités, cette fonction a évolué, et le libraire a été ensuite en charge non seulement de recopier et de conserver mais aussi de donner accès aux manuscrits, et de vendre.
On a donc dès le départ cette triple fonction de conserver, de prêter et de vendre.

Avec l'essor de l'imprimerie, les endroits où l'on stocke les livres vont se multiplier, sans que les charges de libraires suivent l'essor, puisque ces nouvelles "bibliothèques" sont des pièces de maison, de château, etc...
Le mot bibliothécaire arrive dans la langue française au 16°, d'après le Littré. Il s'impose
comme le nouveau titulaire de la charge, et rejette libraire dans le commerce, tandis que l'inverse se produit outre-manche : le libraire reste celui qui conserve les livres, parce que les grandes bibliothèques universitaires anglaises continuent à s'appeler Library (et cumulent toujours les fonctions de bibliothèques et d'éditeurs, d'ailleurs). Les échoppes qui vendent les livres seront nommées bookshop.

Est-ce que ça les rend plus "conservateurs" ? Je ne me prononcerait pas. ;)
 
En fait je pense que un icone (masculin, sans accent circonflexe) est encore un anglicisme, un avatar de icon, neutre et sans accent en anglais, francisé en icone, masculin et sans accent.
Je n'ai rien contre les emprunts aux langues étrangères, bien au contraire, mais quand l'équivalent existe déjà en français - voir la définition citée -, je n'en vois pas l'utilité

En fait il n'est pas utile de débattre à ce sujet (cfr cependant, pour information, cette page sur languefrancaise.net), l'usage n'étant pas encore fixé et les dictionnaires n'étant par ailleurs même pas d'accord entre eux. Dans ces conditions chacun fait finalement ce qu'il veut ;)

En ce qui me concerne j'utilise, pour l'emploi informatique du terme, le féminin sans accent, car icone (terme informatique et effectivement forme francisée de l'anglais) n'est pas l'équivalent de icône (peinture religieuse d'Orient ou figure incarnant un stéréotype socioculturel).

Mais comme je le disais plus haut, chacun fait selon ce qui lui semble et quelque forme que l'on choisisse (pour le genre ou pour la forme orthographique), on ne commet pas de faute ;)
 
ICÔNE, subst. fém.
LING. ,,Dans la classification de Peirce : type de signe qui opère par similitude de fait entre deux éléments; p. ex. : le dessin représentant une maison et la maison représentée`` (Media 1971).

En fait je pense que un icone (masculin, sans accent circonflexe) est encore un anglicisme, un avatar de icon, neutre et sans accent en anglais, francisé en icone, masculin et sans accent.
:siffle::siffle:

... et alors idécône ou bien idécone pas ?
... Je ne me prononcerait pas. ;)
... ôtez ce t que je ne saurais voir !

:D
 
Pour icone, il est évident qu'il a été ainsi proposé pour "franciser" icon sans recourir à icône. La séparation du religieux et du laïc ! ;)

Pour le sujet que je proposais (anglais/français), il ne faut pas entendre conservateur en un sens péjoratif mais simplement factuel. En fait, c'est une question que je me pose depuis longtemps sans prendre le temps de la pousser plus loin. Mais comme j'ai lu, dans le temps, pas mal de textes médiévaux ou du moyen français dans leur langue (non traduits en français moderne, quoi), j'ai remarqué que souventes fois des mots jugés faux amis en anglais étaient des mots issus du français (normands ou non) et qui, en français, avaient déviés de leur sens conservé en anglais.

De la même manière, dans mon apprentissage récent et très superficiel du castillan, je me suis fait la remarque que, en dépit de différences importantes, il y avait des similitudes avec le français classique [il se trouve que je commençais les Mémoires de cette vieille chose de St-Simon, le duc, hein ! pas l'autre]. Vu mon niveau médiocre en ces matières (la grammaire et tout ça), je continue à me demander si j'élucubre ou non ...

Voili.
 
Ah. Je saisi mieux.
Mais là encore, je ne sais pas trop quel est vraiment le processus. Dans la langue française, y'a tellement eu un souci de la précision, aussi. On a utilisé plusieurs mots pour des variantes assez infimes d'une même chose, et ensuite, les sens ont divergé. Les anglais acceptent une polysémie beaucoup plus grande, il me semble.
 
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Réactions: Bassman
Quand même, il n'est pas rare qu'en anglais, on ait davantage encore de mots pour exprimer des attitudes, des objets ou des actions, qu'en français. Cela tient entre autres au fait que l'anglo-normand a longtemps voisiné avec l'anglais et que toute une part du vocabulaire est double. L'exemple classique concerne les animaux vivants/morts (ou plutôt animal/sa viande) tel ox/beef, sheep/mutton etc.

Ce n'est pas pour rien que les dictionnaires les plus trapus anglais comme américains contiennent plusieurs centaines de milliers d'entrées, donc nettement plus que le plus imposant des nôtres. On s'amusera d'ailleurs à constater que le nombre d'entrées "françaises" dans ces dictionnaires est impressionnant (y compris récentes).

Mais bon, la plasticité de l'anglais est telle, alliée à la bonne forme des cultures et des économies anglo-saxonnes, que l'on ne peut pas (plus) lutter en terme de dynamisme.

Je m'écarte du sujet initial ;) (et vais m'attirer les foudres de quelqu'un je le sens).
 
Quand même, il n'est pas rare qu'en anglais, on ait davantage encore de mots pour exprimer des attitudes, des objets ou des actions, qu'en français. Cela tient entre autres au fait que l'anglo-normand a longtemps voisiné avec l'anglais et que toute une part du vocabulaire est double. L'exemple classique concerne les animaux vivants/morts (ou plutôt animal/sa viande) tel ox/beef, sheep/mutton etc.

Ce n'est pas pour rien que les dictionnaires les plus trapus anglais comme américains contiennent plusieurs centaines de milliers d'entrées, donc nettement plus que le plus imposant des nôtres. On s'amusera d'ailleurs à constater que le nombre d'entrées "françaises" dans ces dictionnaires est impressionnant (y compris récentes).

Mais bon, la plasticité de l'anglais est telle, alliée à la bonne forme des cultures et des économies anglo-saxonnes, que l'on ne peut pas (plus) lutter en terme de dynamisme.

Je m'écarte du sujet initial ;) (et vais m'attirer les foudres de quelqu'un je le sens).

Si ton étude de dictionnaire est bien réelle, en revanche, l'anglo-saxon moyen ne dispose que d'une vingtaine de mots à sa disposition, laissant par extension peu de place aux mots français. Alors que le français moyen qui dispose également de 20 mots pour s'exprimer dispose au sein des 20 mots précités d'une dizaine en anglais. (Euh, je ne peux pas les citer, pas l'habitude d'employer ces mots là :D )
 
C'est puissant, ton raisonnement, pour un vendredi en fin d'après-midi :D
 
C'est amusant, quand-même, ce que les emprunts du français à l'anglais soulèvent les passions en France, chez certaines "élites intellectuelles", alors que les emprunts de l'anglais au français passent comme une lettre à la poste chez les anglos-saxons :siffle: :rolleyes:

:mouais:

C'est peut-être parce que le monde a plus tendance à suivre le modèle anglo-saxon dans à peu près tous les domaines que le modèle français;quelques mots français, c'est pas ça qui va le menacer! :D
 
En fait les anglophones combinent des mots pour en étendre la signification quand les français trouvent un mot pour chaque signification
rien que take, put ou pull possèdent tellement de déclinaisons comparé au français.
 
C'est puissant, ton raisonnement, pour un vendredi en fin d'après-midi
vendredi 13 en plus

Dis velroy si je pige
tu veux dire
l'anglosaxon pour exprimer quelque chose disposerait de 20 mots
le francais aussi mais dont la moitié non francais?
c'est ca?

Faut pas que se fier au nombre
Mais aussi à la structure de langue et ses processus d'élaboration de phrases ou de vocabulaire ( causes historiques sociologiques etc)

Petit exemple extrait d'une conference du collège de France sur....le droit
(le conférencier s'interesse à énormement de choses différentes dont la traduction)

il prenait un exemple de vocabulaire connu de tous les traducteurs
( régulierement repris dans les cours théoriques)
en francais pour décrire la couleur blanc il n'y a qu'un mot :blanc
en inuit : une vingtaine
( il y a bien sûr ici une raison contextuelle évidente)

Les anglosaxons sont moins braqués " règles"
( y a pas de Camomille Française au Royaume Uni)

Et ne pas oublier que la langue française a été un élément central dans la construction de l'idée nationale " France".
Ce n'est pas unique , on retrouve la même chose ailleurs : avec l'italien après la suprématie du toscan ou de l'anglais dans d'anciennes colonies ( dont les Etats Unis).
D'ailleurs de ce point de vue la création de l'Académie Française avait aussi quelques visées politiques implicitement liées à une de ses missions d'origine: la fixation de règles de la " langue française".
 
Mais Pascal, mon propos n'était pas de démentir les vôtres (et sûrement pas celui de Bompi) mais tout en relevant la petite phrase "une certaine élite" (voir plus haut), de comparer ces propos à une réalité plus "terrain". L'exagération du nombre étant à pondérer bien que dans certains états américains, ou autres banlieues, mon chiffre n'est sûrement pas très loin. :zen:
 
vleroy je ne critiquais en rien tes propos, je ne faisais qu'indiquer des éléments en plus, pas " contre" les tiens.
 
vleroy je ne critiquais en rien tes propos, je ne faisais qu'indiquer des éléments en plus, pas " contre" les tiens.

j'avais bien compris :up:
Je profitais plutôt de l'occasion de m'expliquer un peu plus;)
 
tiens en plein sujet
Ce matin Répliques ( émission hebdomadaire sur France Culture) consacrée précisement ce Samedi à l'évolution du français
l'hote Alain Finkielkrault plutôt du coté conservateur de la "belle langue" et pessimiste
en face 2 intervenants beaucoup plus joyeux et optimistes Pierre Encrevé et Bernard Cerquiligni (accessoirement directeur de l'INLF-au CNRS) pas très inquiets, eux préferant voir le verre à moitié plein , on a jamais autant parlé et écrit en français.

( écoutable sur le site FC)
 
Tiens ! Je vais peut-être écouter cette émission alors. J'ai abandonné Répliques depuis un bon moment, sauf de temps en temps, irrité que je suis par ce philosophe à la petite semaine. Mais je n'ai jamais entendu parler Cerquiglini, dont j'apprécie hautement les livres et l'humour incisif, c'est une bonne occasion à saisir : face à la vision aigrie et rabougrie, arc-boutée sur le passé (en général mythifié) d'AF, cela est intéressant. Merci du tuyau.
 
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