... Sauf qu'il est vraiment abusif d'attribuer à Apple la paternité de l'essentiel des concepts mis en uvre dans ses appareils, et même de qualifier de « technologie » ce qui relève de son apport spécifique.
À de rares exceptions, la part d'invention réelle qui est utilisée dans les appareils n'est pas du fait direct de la firme et n'a bien souvent pas non plus été achetée à un tiers. Pourtant, cela n'a pas empêché Apple de déposer des brevets, grâce à la complaisance coutumière des autorités et administrations qui définissent et gèrent la propriété industrielle, et aux difficultés juridiques, financières et politiques de venir les lui contester par la suite.
Il est heureux que nous puissions profiter des iBudules quand ils répondent à nos besoins ou à nos envies, et pour cela on peut louer Apple de les avoir mis à notre disposition. Mais cela n'empêche que quasiment tous les éléments constitutifs ce ces appareils, tant conceptuels que technologiques, existaient auparavant, et que la firme n'a pas eu besoin de les tous payer, loin de là.
Assembler des pièces détachées et des idées existantes pour réaliser un appareil dont l'usage et la destination sont déjà ordinaires ou ont été pensés par d'autres, ça ne relève pas de l'invention et ne devrait pas devenir une propriété intellectuelle exclusive.
Nos souvenirs et quelques recherches sur Internet suffisent pour nous apercevoir que tous les ingrédients préexistaient, parfois depuis des décennies.
Apple a créé un précédent en réalisant, en faisant fabriquer et en vendant à grande échelle ses appareils, et c'est de ce point de vue certainement une « révolution » commerciale et même sociale. Mais au final la firme n'est pas pour grand chose dans la révolution technologique et intellectuelle qui a permis ce succès, malgré ce qu'affirme son argumentaire commercial.
Quant à la bataille juridique qui se joue entre Samsung et Apple, ce n'est que le résultat des dérives du système capitaliste néo-libéral dans lequel nous vivons aujourd'hui, où la spoliation et le terrorisme juridique exercés par les grandes multinationales ont largement remplacé la pratique d'une réelle concurrence et la recherche de l'intérêt commun.
Alors que les arguments des deux parties ne reposent que sur du pinaillage qui n'aurait juridiquement même pas lieu d'être cité ici en France, nous nous voyons interdire à titre conservatoire d'acheter les appareils du prétendu contrevenant... Écurant !