reineman a dit:
clapton, ça restera un mystere pour moi.J'ai jamais compris pourquoi on en avait fait un génie de la six cordes.Certes, c'est une pointure, comme des dizaines de shredder, musiciens de studios ou autre qui sévissent ça et là le monde de la musique, mais au dela de ça y'a quoi?
Layla, wonderful tonight, i shot the sheriff...la période cream...bof bof...le seul morceau potable qu'il ai fait, c'est sunshine of your love...mais c'est tout.
je l'ai vu en concert en dvd, c'était navrant...
Faut replacer tout ça dans son contexte historique.
Dans l'Angleterre du début des années 60, il y a d'un côté les Beatles et tout le Liverpool sound, et de l'autre, le blues, importé presque 10 ans auparavant. Propagé par les tournées de l'American Folk Blues Festival, enseigné par les vieux maitres noirs américains tout heureux de trouver une audience, un public blanc qui les aime et les respecte. Tous les musiciens d'alors font et refont inlassablement les plans de guitare de Big Bill Broonzy ou de Muddy Waters.
Certains se sont d'ailleurs étonnés à la vue de la guitare électrique de Muddy. Comment? On pouvait faire du blues pur et dur sur un instrument amplifié? Mais les amoureux du blues, moins bornés que le public folk, n'en voulurent pas aux joueurs électriques venus de Chicago et c'est ainsi qu'Eric Clapton se jeta dans la mêlée.
Il avait entendu pas mal de choses à la radio, et dans sa tête, comme dans celle de nombreux guitaristes, l'harmonieux mélange du blues et du rock s'opérait. On imagine mal, en effet, un courant blues pur et dur, guitare sèche en bandouillère, se développer dans le même monde que celui des Beatles, ouvert à toutes les expériences, prêt à toutes les folies.
Clapton se joint aux Yardbirds en '62. Ils jouent dans des petits clubs et il faut se faire un nom. Surtout quand on commence juste après le départ des Stones du même club: le Crawdaddy. C'est là que Clapton se forge sa légende. Les surnoms de "God" (désolé DocEvil) et de "Slowhand" en référence à son style coulé, c'est dans ce contexte qu'il les conquiert. Il avait son public, ses fans. N'oubliez pas que nous sommes entre '62 et '64. En '64, les Yardbirds sont d'ailleurs encore très fidèles au blues, ce qui les amène à tourner avec... Sonny Boy Williamson (si si

). Et quand il quitte les Yardbirds, début '65, Clapton rejoint John Mayall qui, selon lui, correspond tout de même davantage à l'esprit du blues tels que le jouent les maitres du genre. Après, il y aura Cream et puis la déchéance...
Je sais, c'est compliqué de se remettre dans cette époque. La fin des sixties est davantage connue. Il y a plus de documents. D'ailleurs, en ce qui concerne les Yardbirds, qui étaient avant tout un groupe de scène, de leurs prestations scéniques filmées, il ne reste qu'une courte séquence dans le film "Blow Up" d'Antonioni. Le choix du réalisateur, d'inclure les Yardbirds comme représentants du courant musical, dans ce film qui est un hommage à cette période, indique quand même l'aura musical, la profonde influence de ce groupe. Et Clapton y a été pour beaucoup. Même si c'est Beck qui est à la guitare et Page à la basse dans la séquence de "Blow Up".
Alors, oui peut-être qu'en tant que compositeur il n'aura pas été d'une grande régularité ni d'une grand inspiration. Il n'en reste pas moins que ses talents de guitariste ont contribués grandement, à l'époque, à faire évoluer la musique. Et rien que pour ça, il mérite le respect.
:zen: