gwen a dit:
C'est moi qui ai parlé de ça. Je sais que quasiment tout le monde est contre, mais moi, je vois plutôt les avantages. Plus besoin de faire des demandes d'allocation, elle serai automatiquement versé en fonction de sa situation alors que je suis sur qu'aujourd'hui pleins de monde pourrais bénéficier d'aide et ne touche rien car ils ne sont pas au courant. Et puis, tout les petit escroc qui touche des allocations auquel ils n'aurais pas droit car ils ne devraient pas les cumuler serai enfin remis au bon "tarif"
Mais bon, ça choque les honnête gens comme les escroc de se faire ficher alors que l'on est déjà ficher. Un peu plus un peu moins
En fait, il y a peu de possibilités de cumul frauduleux. La grande majorité des allocations françaises est délivrée par la CAF, la Caisse d'Allocations Familiales. Il y a, à un moment du circuit de controle, interconnexion entre les fichiers CAF et les fichiers des impôts. La seule vraie possibilité de fraude réside donc dans les fraudes à l'Impôt sur le Revenu. Et elles sont nombreuses, notamment pour ce qui concerne le travail au noir.
Le reste est vraiment
epsilon. En revanche, il est clair qu'une large partie des possibilités d'allocation spécifiques ou contextuelles (déménagement, etc.) ne rencontre pas l'ensemble de leurs publics. Et que ça arrange bien les financeurs...

Mais encore une fois, le recensement n'est pas un outil de fichage individuel. C'est un outil économique et sociologique. Il agrège des données individuées mais anonymes.
loustic a dit:
Ça fait froid dehors et dans le dos... Mais comment faisaient-ils au Néolithique ?

Au néolithique, on ne sait pas. Mais globalement, il n'en avaient pas vraiment besoin. Ils pratiquaient une statistique intuitive : ils suivaient les troupeaux pour assurer leur alimentation.
La statistique est étroitement liée à la notion de territoire. Tant que l'on est nomade, on se fout de compter ce qu'il y a autour de nous.
On commence la statistique dans l'antiquité. On sait que les égyptiens comptaient beaucoup (les ressources, les hommes, les crues du Nil), mais la première vraie trace de volonté statistique antique nous vient d'Inde. Dans le premier Empire indien, au IV° siècle avant JC, l'un des premiers ministres, resté célèbre, Kautilya, était un fou de la mesure et du dénombrement. J'ai retrouvé une traduction de l'un de ces textes (c'est cool le web, si j'avais eu ça pour étudier...) :
" Le contrôleur divisera le pays en quatre provinces. Il recensera et portera par écrit le nombre de villages ; il les classera en villages riches, moyens et pauvres, notera que tel d'entre eux est exempt d'impôt, que tel autre fournit des soldats, que celui-ci donne un gros revenu en céréales, troupeaux, argent, produits forestiers, et procure donc, en guise d'impôts, du travail et des produits. Sous sa direction, un employé dés Finances s'occupera d'un groupe de cinq ou de dix villages. Il fera le relevé des limites de chaque village, du nombre de champs labourés et non labourés, des champs secs ou irrigués, des jardins, des potagers, enclos, forêts, des bâtiments, des sanctuaires et temples, des installations d'irrigation, des cimetières, des haltes, des points d'eau, des lieux de pèlerinage, des pâturages et des routes, avec leurs dimensions. Il tiendra à jour la liste des dons, des ventes, des facilités et exemptions concernant les villages et les champs. Seront notés les gens appartenant à chacune des quatre classes, le nombre de fermiers, de bergers, de commerçants, d'artisans, de travailleurs libres ou esclaves, le nombre d'animaux à deux ou quatre pattes, et aussi la quantité d'argent, de travail, de droits et amendes qu'on peut en attendre. Il inscrira encore, pour chaque famille, le nombre de femmes et d'hommes, d'enfants, de personnes âgées, avec leur métier, leur genre de vie, le montant de leurs ressources et dépenses. " Kautilya, Arthasastra, livre 11, chap. 35
La volonté, alors, était de contrôler l'Empire, et les ressources fiscales. Mais la question du nombre s'est posée de tout temps, dès que l'on est entré dans l'ère des grandes civilisations, et qu'il a fallu savoir quelles étaient les ressources disponibles. Les Incas, par exemple, se servaient d'un drole d'instrument, le
quipu, pour dénombrer les récoltes et les lamas, et plein d'autres choses.
La statistique moderne, dont le recensement est l'héritier, nait plus tard, de l'idée de rationalisation du gouvernement évoquée par Machiavel. Cette idée que pour gouverner, il faut savoir. Idée que Bacon, le savant anglais, traduira ensuite par "Savoir pour dominer".
Mais la question statistique et ses méthodes verront vraiment le jour un peu plus tard, en Allemagne, puis en France et au Royaume-Uni.
Les recensements de la population, très imprécis, commenceront en Europe au 18°, puis seront effectués de manière régulière à partir de 1850. Mais Napoléon aura déjà, dès 1800, fait entreprendre des enquêtes statistiques.
Par exemple, lorsqu'il devient empereur, il est confronté à un effet pervers de l'abolition des privilèges et de l'interdiction des corporations : le charlatanisme médical. Comme la corporation des médecins était interdite depuis 1993, tout un chacun pouvait se prévaloir de l'exercice de la médecine. Pas terrible, les résultats.
Napoléon décide donc de revenir à un exercice contrôlé de la médecine, et il fait mener une enquête sur les études suivies par ceux qui se prétendaient médecins.
J'ai étudié les documents originaux de cette étude. Magnifiques. Super rigoureuse. L'un de ses effets indirects fut la relance d'une politique universitaire, et sa "déconcentration". En effet, sur l'ensemble des médecins diplômés de 1801, plus d'un sur deux étaient formés dans la plus grande université médicale de l'époque, à Montpellier. Et un tiers à Paris. Napoléon décida par conséquent de favoriser l'essor d'autres universités de médecine, réparties sur le terrioire métropolitain.
Plus pour freiner la position dominante de la cité languedocienne, qui lui était hostile depuis qu'il avait viré Cambacéres, que pour favoriser l'aménagement médical du territoire, d'aillleurs.
Bref, on va s'arreter là. :rateau:
Si y'en a vraiment que ça intéresse, l'histoire de la statistique, vous pouvez faire un tour sur le site de la revue
Histoire & Mesure.
