Le jour où...

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krystof a dit:
Je souhaitais simplement qu'il me le confirme lui-même.

Je te confirme que tu pollues ce thread (mais celui-ci ou un autre, n'est-ce pas...)
Pour le reste, je te renvoie à la réponse de Paul. On ne voit bien qu'avec le cœur...
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P.S. : En sortant, si tu sors, n'oublies pas d'emmener le vieux avec toi. Merci.
Maintenant, messieurs, si vous voulez bien m'excuser : j'ai du travail.

P.S. 2 : Merci à Zitoune, Luc et particulièrement à Nexka.
 
PetIrix a dit:
A se faire engueuler.

Mouaip... Ca devait surement être écrit sur le flacon, mais je devais pas savoir encore bien lire...
</mode étiquette flacon on> Attention, risque de grondage! </mode étiquette flacon off>
 
DocEvil a dit:
Je te confirme que tu pollues ce thread (mais celui-ci ou un autre, n'est-ce pas...)
Pour le reste, je te renvoie à la réponse de Paul. On ne voit bien qu'avec le cœur...
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N'as-tu pas posté pour que l'on réagisse ?
Oh, et puis après tout, je m'en moque, et regrette d'avoir posé une question.
Je sais maintenant ce que tu vaux. Autant certaines facettes de ta personnalité sont agréables, autant une autre est complètement regrettable.
 
thebiglebowsky a dit:
Euh ! C'était pour dédramatiser un peu la situation ....
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Je te remercie de ton attention thebig. Tu te montres toujours à la hauteur.
Mais Doc m'a mis devant la réalité : je pollue, et c'est la triste réalité.
Il est temps pour moi de me faire plus discret.
 
krystof a dit:
Autant certaines facettes de ta personnalité sont agréables, autant une autre est complètement regrettable.

Il en va de même pour chacun d'entre nous, et personne n'échappe à cela.
Ni blanc ni noir, tous gris.
 
Le jour où… j'ai vu la mort.

C'était il y a presque deux ans, j'avais 34 ans quand j'ai assisté pour la première fois à une mise en bière, celle de mon beau-père. Je ne voulais pas y aller mais je devais être là pour soutenir mon épouse. Mais aussi ma belle-famille dont une partie avait fait le déplacement depuis la Normandie. Nous nous étions retrouvé à l'hôpital de Sallanches. Nous n'allions plus lui rendre visite dans sa chambre des soins palliatifs mais directement dans une salle mortuaire situé à une autre entrée. À l'intérieur, il y avait des petits espaces séparés par des rideaux. La dépouille mortelle de mon beau-père se trouvait dans le premier carré. C'est pour cette raison que je fut surpris dès mon entrée. J'étais à moins de 10 mètres de lui et je m'arrêtais net. La vision m'était insupportable. C'était à la veille de Noël, il faisait très froid, nous étions tous chaudement habillé et lui était allongé dans son cercueil, le teint jaunâtre et en costume d'été. Il était là, inerte, portant une veste en toile orange pâle, une chemise légère et une cravate à fleur. Du plus mauvais goût mais c'était le souhait de ma belle-mère. Toutes les personnes présentes était entrées dans le box, tout près de lui mais moi, j'ai préféré faire demi-tour, sortir et attendre dans le froid glacial de l'hiver. J'ai eu honte mais ce jour là je fus profondément traumatisé.

J'en ai voulu à ma mère qui, depuis que je suis tout petit, m'a épargné ces choses là, soi-disant pour me protéger. Elle m'a caché des décès jusqu'à très tard. J'ai appris la disparition de certains proches une fois qu'il étaient enterrés. Le pire a été le jour du rassemblement familial annuel qui se déroulait chaque début d'été. Je plaisantais sur une amie de ma grand mère et on m'a répondu avec étonnement : "Mais, elle est morte !". Tout le monde savait qu'elle avait disparue depuis longtemps, sauf moi.(Jusqu'à hier soir ou la cousine de ma mère vient juste de décéder d'un cancer. Mon père s'est chargé de le dire aujourd'hui à mon épouse, qui s'est empressé de me téléphoner pour me l'annoncer. Notez juste que j'avais commencé à écrire ce texte avant d'apprendre cette triste nouvelle.)

En revanche, du côté de ma belle-famille, c'est la transparence. Mon épouse a assisté à la mise en bière de beaucoup plus de personnes, c'est dire si elle est blindée de ce côté là. Moi, par la faute de ma mère, j'ai un terreur folle de la mort et de tout ce qui l'entoure. Je regrette de ne pas avoir le courage d'affronter se genre de cérémonies.

À Danièle…
 
bebert a dit:
Moi, par la faute de ma mère, j'ai un terreur folle de la mort et de tout ce qui l'entoure. Je regrette de ne pas avoir le courage d'affronter ce genre de cérémonies.

On pense souvent à la mort d'un point de vue émotionnel (de part la peine ou la colère qu'elle provoque) ou métaphysique (y a-t-il une vie après et, si oui, est-ce que c'est aussi valable pour les Whatfor ?)
Je te remercie pour ce texte bébert parce qu'il nous ramène, avec beaucoup de sensibilité, à la réalité de la chose. Tu parles très simplement de ce dont personne ne veut parler : le corps du mort, son teint, ses vêtements...

On évoque le plus souvent avec assez de facilité les rites qui accompagnent un décès, le plus souvent une cérémonie religieuse, parfois une simple réunion, et parfois rien. On est plus réticent à parler des rituels : la préparation du corps, son lavage, le choix des habits, du cercueil, etc. Tout ceci est pourtant d'une grande importance. C'est ainsi qu'aujourd'hui nous préparons nos morts pour l'au-delà. Il n'y a plus (ou très rarement) de mobilier funéraire, plus d'obole, plus de tous ces détails que nous connaissons des coutumes mortuaires des anciennes civilisations. Pour autant, nous avons nous aussi nos coutumes. Elles ont pour but, comme par le passé, de nous rendre la mort plus familière ou, pour mieux dire, moins inquiétante, et d'en sacraliser l'instant.

Il est toujours pénible de voir un cadavre, particulièrement lorsqu'il s'agit de celui d'une personne qu'on a aimé. L'image de la mort nous rapproche de notre propre fin et de celle de nos proches : c'est sans doute ce qui nous terrifie. Ainsi, si je ne partage pas ton angoisse, je peux la comprendre.

Tu as toute ma sympathie.
 
bebert a dit:
, j'ai une terreur folle de la mort et de tout ce qui l'entoure



bebert ! ton post m'a touché...
J'ai souvent assisté à de telles "cérémonies" ... la vie est ainsi faite que lorsque tu vieillis, tu vois disparaitre de plus en plus de proches, d'amis ou de connaissances...
A une exception près, j'ai toujours refusé d'aller voir le corps avant la mise en bière - comme dit le Doc, je crois que j'ai peur de me retrouver devant ma propre fin ... ces corps inertes, au teint cireux, les mains jointes pour l'éternité me font peur ... les bougies, les draperies mauves et la musique de circonstance aussi...
Les gens qui défilent, tristes et compassés, narquois parfois ..."t'as vu la cravate qu'il lui ont mis !!!"
En général, je vais directement à l'église et je me tiens dans le fond avec en poche des photos du "temps passé" ... du temps ou les corps bougeaient et exultaient, du temps ou ils étaient chauds et plein de vie...
Oui, j'ai peur de mourir ! Peur de savoir que lorsque je disparaitrais à jamais, tout continuera comme par le passé, mais sans moi...!
Peur de la maladie et de ce passage étroit et lumineux qui sépare la vie du néant ... peur d'avoir envie de me retourner et de crier dans le vide... peur de voir un jour mes enfants le traverser pour me rejoindre...
Il y a encore quelques années, je n'y pensais pas, ou rarement...
Maintenant, l'age aidant, j'y pense plus souvent...
La mort n'est jamais belle ... il ne faut pas la transcender ... rien de beau ni de poignant dans un corps lourd et inerte voué à la pourriture ou à la cendre...
Ma mère est agée ... vouée comme nous tous à disparaitre ! Chaque jour que Dieu fait, je l'embrasse et je la serre dans mes bras comme si c'était la dernière fois, comme si je voulais lui communiquer un peu de la chaleur et de la vie qu'elle m'a donnée...
Le jour ou elle partira, il n'y aura plus personne "par derrière" pour me protéger ... j'avancerai d'une place sur la liste et j'attendrai mon tour...
Ce jour-là, au-delà du chagrin immense que j'éprouverai, j'aurai peur ... très peur !!!
 
Sans complainte ni aigreur... j'ose un instant évoquer cette peur qui me tiraille depuis toujours mais qui a pris du sens il y a peu.

... sale loperie © ..même pas commencé encore à tapotter que déjà le flot d'émotion est là...plus envahissant encore à chaque fois... Mince mince mince mais non pas ici pas là...
Le jour où ... c'était le 3 aout dernier... ma grand mère nous quittait. Hospitalisée pour un petit truc sans rien, elle avait épatée les médecins de sa ténacité à 91 ans passés. Elle était à l'hôpital depuis le mardi et nous étions déjà samedi, sortie prévu pour le Lundi... je ne sais pas pourquoi personne ne m'avait dit...après mon 1/2 ronchonnage au téléphone "Mais bon sang pourquoi je suis toujours la dernière au courant" (j'aime ce rôle de capricieuse parfois !!! comme si je devais détenir la fraicheur de toutes les infos !!).
J'avais cru percevoir dans le coup de fil de ma mère qu'il n'y avait rien d'urgent, mais que l'angoisse paternelle était bien présente, surement dûe au lieu et à la peur de cette éventualité…que peut être elle n'en sorte pas. En l'espace de qqs secondes, je laissais tout en plan et sans encore comprendre pourquoi je fit mon sac. Un sac parce que dans le fond je savais que je n'allais pas juste en visite... et je m'en allais pas tout à fait sereine, pas encore paniquée.
Selon le staff, elle allait, la petite baisse de forme de la veille n'avait été qu'une fausse alerte, tout allait bien. Mon entrée dans la chambre fût un premier choc. Elle semblait fatiguée, perf, aide respiratoire, n'avait ni lunettes ni dentier... un petit avant-goût du visage de la mort ! (je suis cynique là ... ). Comme dépossédée de ma place de petite-fille, j'enfilais presque de manière impersonnelle un rôle de soignant, humecter ses lèvres trop sèches, vérifier ceci, regarder cela, la masser, lui parler.
Le soir arrivant, je décide de passer la nuit sur place , comme si cela s'imposait à moi -mes affaires déjà prêtes-, pour être là avec mon père, pour lui et aussi pour être sûre que demain nous serions tous là. Pas vraiment endormis, tout deux à guetter la moindre rupture de rythme dans cette respiration trop forte, intrusive et envahissante... mais quand j'y pense si rassurante...
à 5h, 2 bruits infimes mais pas anodins... on bondit, je perds qqs fractions de secondes à la regarder, mon père l'air grave, blème... je cours cherché l'infirmière [cette séquence m'apparait encore au ralenti, son visage... ses derniers souffles de vie et moi impuissante là à regarder la vie s'en aller, plus de voix, plus de souffle... ...] et ça y est voilà pfffuit en l'espace d'un instant Manou n'était plus... Je l'ai embrassée.. ne voulant pas me résigner à partir, à fermer cette porte.
Ma peine n'avait en soi que peu d'importance, plus insoutenable encore était de voir mon père souffrir et là encore ne rien pouvoir faire, ne pas pouvoir tout prendre tout porter.
... ...
La première visite au crématorium a été difficile, je serrais les poings, me réfugiant derrière ma colère contre mon frère absent. Elle était là, emmitouflée, comme un nouveau-né dans un linge, sur une table en inox, ses traits commençaient à se figer. j'ai juste effleuré son visage comme si je me pinçais pour vérifier que c'était bien moi là dans cette pièce... c'était froid !!
Mourir un dimanche c'est la merde... personne...revenir le lundi pour les démarches... je rentrais chez moi comme dans un état second… incapable de réfléchir, juste repasser en boucle ces dernières heures, le dernier rire que j'avais su lui sous-tirer en lui disant (un peu prématurément, mais qu'importe je n'ai pas menti et suis soulagée de l'avoir fait) que bientôt papa serait grand-père.
... ...
Le jour des obsèques, j'ai voulu assister à tout, presque sadique envers moi-même, pour ne pas rater un instant de cet étape d'accompagnement... ( L'église un supplice ) ... jusqu'à la fermeture du caveau, seule dans le cimetière, juste vérifier que tout serait bien remis à sa place, que rien ne viendrait à présent perturber leur repos.
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La vie reprenait son cours, les amis chez mes parents, apéro dans le jardin sous l'accacia rose... Je n'ai pas menti, mon père aura un petit fils en mars... chacun a pris sa nouvelle place ! (comme dit the big, non sans me laisser penser que les prochains à partir sont mes parents ...)
... ...
J'ai trouvé la compréhension, la compassion sans mots dire, la tendresse et l'affection de certains avec qui je suis proche sur ces forums (- merci -).

ça y est j'ai fini, peut-être ai-je enfin réussi à avancer un peu.

Ce n'est finalement pas le jour où ... mais les jours où... pour la première fois je prenais réellement conscience dans ma chair de la perte.
Je n'ai pas peur de la mort mais de perdre !
 
STL a dit:
et moi impuissante là à regarder la vie s'en aller, plus de voix, plus de souffle... ...

Pour deux de mes grands parents, ce fût également ... plus de souffrances ..., donc certe de la tristesse, mais aussi un soulagement de voir le visage se décrisper.

STL a dit:
( L'église un supplice )

Je pense que les curés sont des sadiques.
(tiens, j'ai regardé "dogma" cet après-midi, ça fait du bien)
 
J'avais cinq ans, j'étais à l'école maternelle, et j'avais un amoureux qui s'appelait Arnaud. Il était blond aux yeux bleus et c'était mon chéri, je lui fesait plein de bisous et lui donnait la main pour rentrer en classe.
Je me souviens que mes parents n'aimaient pas trop ses parents, mais j'allais de temps en temps chez lui, et lui venait aussi chez moi. Il avait une maison, c'était chouette, c'était grand, et il avait pas de frère lui!
Le jour de la galette des rois, à l'école, c'est moi qui est eut la fève, et j'ai fait d'Arnaud mon roi.
C'était mon premier amoureux.
Un jour, alors que je me baladais dans la cour de récréation, je vis mon Arnaud assis sur des marches, caché sous son manteau. Toute insouciante, je me dirigeais vers lui en l'appelant. Il souleva le manteau, et .... Il n'était pas seul, il y avait une autre fille dessous avec lui. Je compris vite qu'ils ne jouaient pas aux cartes. Mon estomac se contracta, et je parti en courant. Je crois que j'ai pleurée longtemps.
Je me souviens plus si je lui ai reparlé après, je pense que oui, mais le moment où il a soulevé le manteau reste un souvenir très clair dans mon esprit.

Le jour où j'ai connu mon premier chagrin d'amour.



C'est juste pour vous dire que si un jour votre bout de chou rentre en pleurant parce que son amoureux ne l'aime plus.. Ne rigolez pas, prenez le au sérieux... On peut vraiment avoir le coeur brisé à 5 ans.
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