rezba a dit:Ne me remercie pas, je le fais par pur intéressement.
Maintenant que mon boulot a basculé plus du côté de l'explication de la science que de la recherche fondamentale, et qu'une large partie de mon temps est passée à vulgariser des connaissances sur le fonctionnement des institutions et les mécanismes du pouvoir, avoir l'oppportunnité de tester ces propos sur des publics loin de toutes ces considérations est plutôt un avantage. Et avoir l'occasion de lire les réactions est aussi très profitable.
Tout ce qui a trait à l'administration, à la représentation démocratique, aux institutions, à la domination ou au pouvoir, fait l'objet d'énormément de fantasmes, de fausses interprétations. Ça nourrit les sentiments d'éloignement de la chose publique, de rejet des institutions dont on finit par penser que les valeurs qu'elles portent sont corrompues par ceux qui les incarnent. Ou encore de sentiment d'abandon, d'être des laissés pour compte. Tout ça est d'ailleurs habilement entretenu par tout un tas de discours intéressés, et par des pratiques qui ne méritent pas toujours d'être citées en bon exemple.
Mais ces discours et ces pratiques restent des rideaux de fumée, des voiles qui empêchent de comprendre à quoi tout ça sert.
Dénoncer l'inaction des gouvernants est une façon de légitimer les discours les plus libéraux sur le moins d'Etat, et les discours les plus radicaux sur le changement des institutions ou des valeurs qui les portent.
J'essaie de prendre les choses à l'envers.
Nous vivons, nous, européens, dans des sociétés d'enfants gâtés, qui tiennent sur l'accumulation historique des richesses liées à nos passés coloniaux et impérialistes. Mais nos sociétés sont devenues extrêmement complexes à gérer, et il y a urgence à ce que le plus grand nombre comprenne comment on gère la société, comment chacun peut faire une part de ce travail, comment chacun peut se donner les moyens de connaître et donc de contrôler la "chose publique".
Pas seulement parce que, sur le plan des principes, cette "chose publique" nous appartient.
Mais parce que nous ne pourrons pas continuer longtemps à sauvegarder nos sociétés si l'on ne prend pas conscience de ce qu'elles sont, de comment elles fonctionnent.
Je me bats tous les jours pour que des gens (dont moi), soient payés pour faire ce boulot d'explication, de vulgarisation. Et pour que la science qui est la mienne, la science politique, soit reconnue comme quelque chose d'utile à la société. Ce n'est pas toujours facile, il faut donc que j'y crois vraiment.
Bref, c'est plutôt un plaisir, pour moi, de prendre le temps de parler ici de ça, par un de ces petits bouts qu'est le recensement.
![]()
:zen: :zen: :zen:
virtual frustrer a dit:Vous devriez donner des points de réputation à d'autres avant d'en offrir de nouveau à rezba.
Ah ! M ...