fedo a dit:
je suis pas d'accord avec toi sur ce point car c'est la négation du droit moral de l'auteur et de sa volonté de faire vivre son oeuvre sur le support et selon le standard de qualité qu'il aura choisi. je connais nombre d'artistes musiciens qui considèrent qu'on massacre leur travail sur le son en compressant. et ce n'est pas un subterfuge pour rejetter l'échange via internet.
Soit. Mais cela n'est plus qu'une vision théorique. Les droits sur la difusion n'apppartiennent plus aux créateurs, la plupart du temps. Songeons aux sites de téléchargement légaux, par exemple. A tous ceux qui proposent du mauvais WMA à 0,99 pièce.
Songeons aux majors, qui ont décidé depuis quelques mois de changer leur mode de diffusion en service de presse, n'envoyant plus les albums complets, mais seulement des liens sur un répertoire de mp3 sécurisé aux journaux spécialisés.
Songeons encore à ces réalisateurs pour qui la diffusion des uvres en DVD vont dépendre du bon vouloir des distributeurs, de leurs propres stratégies de calendrier marketing. Sans même parler d'un Jodorowsky, dont Allen Klein, le patron d'Apple Records, refuse que soit diffusé ceux de ses films sur lesquels il détient les droits.
Cela fait bien longtemps que la majeure partie des créateurs n'ont plus de réels choix sur le support de diffusion de leurs uvres. Ils peuvent râler, mais leurs plus grands ennemis sont ceux avec qui ils ont signé des contrats, pas ceux qui veulent voir leurs uvres.
Hurler contre le P2P facile, c'est aussi s'empêcher de voir quel autre modèle de diffusion se profile derrière la masse des téléchargeurs de blockbusters.
C'est continuer à se masquer les yeux.
la conception que tu décris tient uniquement au souhait de la demande qui consommerait la musique ou les films comme de vulgaire produit de consommation. ce constat m'alarme et je me rend compte combien la daube omniprésente a contribué à diluer l'appréciation qualitataive des oeuvres.
en plus c'est incroyable de considérer que parce qu'on compense on a tous les droits sur une oeuvre. c'est un argument financier venant du business et c'est incroyable que la demande le reprenne à son compte quand ça l'arrange. je trouve qu'il n'y a aucune éthique.
Mais le téléchargement de masse vient précisément de cette offre de masse, de basse qualité artistique, pour laquelle il ne semble pas normal de payer un prix aussi fort. Là encore, hurler au loup, en omettant de dire que les morceaux les plus téléchargés sur les grands réseaux de P2P sont les JiLo et autres Britneys Spears, c'est se dédouaner de ne pas réfléchir à des phénomènes comme Artic Monkeys ou Clap Your Hands Say Yeah. 80 000 disques vendus de par le monde en dehors d'un circuit de distribution classique, propulsé par une vrai maîtrise du téléchargemment gratuit, ça fait mal. Mieux vaut faire l'autruche.
pour moi c'est un système "communiste" avec des revenus contingentés c'est-à-dire plafonné en valeur. personnellement je refuse de payer pour la consommation des autres internautes et c'est une conséquence nécessaire du système et surtout pour ceux qui ne payeront rien et contourneront le système. ça aura des répercutions en amont sur la production et leur financement en volume et en valeur, sans parler de la qualité des oeuvres. c'est un système purement orienté demande. et contrairement à ce que l'on pourrait croire, ceux qui auront la plus grande visibilité gagneront bien plus que les autres malgré les effets du "marketing viral". c'est donc les entreprises de communication qui feront "le marché" encore plus qu'aujourdhui et donc l'argent ira toujours aux majors et encore moins aux artistes (les majors ne renieront pas sur leurs marges).
Heureusement que tu as mis des guillemets à "communiste"

D'abord, nous français, payons tous, aujourd'hui. En contribuant par la taxe sur nos supports.
Ensuite, le système de redistribution actuel est précisément celui que tu décris : les plus gros touchent le plus, parce que les plus petits n'ont pas les moyens de vérifier leur diffusion réelle, et que la part des droits SACEM, par exemple, non reversée en indexation directe et en forfait minimal, est répartie entre les artistes au pro rata de ce qui a été distribué avant. Plus tu vends, plus le passage te rapporte.
tu peux fermer beaucoup de salle de cinéma et tous les magasins de disques ou les rayons disques. perso je ne crois pas un seul instant au succès à grande échelle du principe de la "donation + taxe". la rémunération de la donation sera marginale et réservé au fan. je ne crois pas au paiement à posteriori très facielement contournable.
Tu ne crois pas à quoi ? Au fait que la "démonétisation" partielle, et la démocratisation réelle de l'accès aux uvres numérisées n'engendre en retour une croissance de la consommation de biens culturels ? Toutes les études le montre. L'achat de supports numériques ne cesse de croître (CD et DVD compris), la fréquentation des concerts également, partout. Quant à la fréquentation des cinémas, elle a explosé ces dernières années.
par contre, je suis pour un accès gratuit ou forfaitisé (donc plus gratuit mais ça peut se financer indirectement) de préécoute en streaming afin qu'on puisse décider en touite connaissance de l'achat permanent et illimité qu'on fera par la suite. dès lors rien n'empêcherait le marketing viral et le sharing de play list en streaming.
je préfère un système où les labels et les artistes se dispensent des encombrantes et labyrintiques sociétés de gestion collective des droits impératives dans un système basé en partie sur des taxes ou redevances sur l'accès et/ou les support vierge.
Il est possible que l'on aille vers un renouveau de l'économie coopérative de la distribution culturelle. Mais il va falloir que les artistes arrêtent de déléguer la gestion financière aux costards-cravates qui vivent à leurs crochets.
je ne suis pas d'accord. un article de luxe est une création artisitique (enfin certain

) et il a donc une valeur qualitative c'est ce qui ferait son prix (si le système actuel ne jouait pas surtout sur la rareté) en dehors de son matérialité (valeur quantitavie).
la musique, le film ont une valeur qualtitative d'abord et quantitative ensuite (le support de diffusion utilisé).
Oui mais la différence est double. Onthologique, d'abord, parce que dans un cas, le bien est reproductible à l'identique. Utilitaire ensuite, parce qu'il y a plusieurs façons de "consommer" une même uvre : sur un support de lecture, en streaming, en direct (concerts et cinémas).
là encore on est en plein dans la théorie du concours de beauté ou on considère que les gens achétent le sac d'abord pour le prestige de la marque qu'il procure.
rapporté à la musique et au cinéma ça fait peur:eek: pour la créativité.
Je n'ai pas peur de dire que les accessoires du support de lecture ont une influence déterminante sur mes achats. Un DVD sans bonus ni livret ni rien "d'extra" ne m'intéresse pas. Un CD collector aura toujours ma préférence, surtout s'il est plein d'artwork.
je ne crois pas dans un système ou ceux qui désirent partager leurs oeuvres dictent leur façon de les consommer aux autres et aux artistes leur façon de les exploiter. je ne pense pas qu'il faille répondre à la domination des majors sur la musique et le cinéma (et à leur imposition des modes de diffusion) par un autre unilatéralisme.
Le risque du diktat de la demande existe. Je suis de nature plus optimiste, parce que je crois à l'éducation à la culture. Plus on consommera d'uvres, plus le niveau d'exigence augmentera, je crois.
Et puis le P2P de masse n'est pas le seul modèle à émerger. Je suis suffisament plongé dans les arcanes souterraines du web, et depuis longtemps, pour être à même de me rendre compte d'une vraie évolution "quantitative" d'un monde du partage guidé par l'exigence artistique et technique. Ce mouvement me parait plus irréversible que le limewire quotidien, voué à disparaître dans le marché, d'une façon ou d'une autre, me semble-t-il.