gwen a dit:
Ben oui, vu que normalement ils ont les fiches d'état civile en mairie? Pourquoi ne pas s'en servir?
Ils sont censé savoir si on a des enfants non? Et puis, si les enfant ne sont pas déclarés, je ne vois pas pourquoi le faire lors du recensement car il doit bien y avoir une raison non?
Salut gwen.
Je reviens pas sur ta marotte de voir croiser les fichiers. Je me suis déjà exprimé là-dessus.
Mais sur cette question particulière, par exemple, de l'état-civil.
Tu penses qu'une mairie est à même de savoir, donc, si les ménages installés chez elle ont des enfants, et combien, et de quel âge. Bien.
Mais non.
La mairie n'en sait rien.
La mairie peut éventuellement savoir qui sont les enfants nés sur son territoire communal, grace à ses propres registres d'État civil. Cela ne lui donne pas la population actuelle.
Je prends un exemple : dans la ville où je vis, la population subit une transformation particulièrement rapide. En gros, sur 250 000 habitants en 2005, 20 000 sont de nouveaux arrivants, 10 000 présents en 2004 sont partis s'installer ailleurs.
Ce taux de croissance est énorme, mais il permet de comprendre le mécanisme.
Les 20 000 nouveaux arrivants annuels viennent avec leurs propres caractéristiques : des enfants à scolariser, ou à mettre en structures d'accueil de petite enfance, des véhicules à garer, des trajets domicile-travail à assurer, etc.
Qu'est-ce que le service d'état civil connait d'eux ? Rien. Rien tant qu'ils ne sont pas passés, pour un motif important, à l'état civil. Soit pour une naissance ou un décès.
Et pourtant, ces arrivants vont consommer un espace public, des services publics, etc.
Le recensement, encore plus dans sa nouvelle version, sert à construire des outils prévisionnels, pour anticiper des lignes de transport, des politiques scolaires, etc.
Le recensement ne sert pas tant à l'Etat, bien souvent très loin de ces considérations prosaïques. Ce n'est pas l'Etat qui crée notre environnement immédiat. Ce sont les collectivités locales. Elles peuvent se servir des outils de l'INSEE pour prévoir, anticiper les transformations du territoire, et négocier des ressources à l'Etat.
Encore une fois, le recensement n'est pas un outil de gestion, qui permettrait d'étudier la situation des individus un par un. C'est un outil de description et de prévision des comportements d'une population plus globale. Après, bien sûr, on peut s'en tirer par le discours d'un vampire, qui pense que l'administration et l'ensemble des élus ne font rien.
Sauf que là où il habite, il reçoit des fluides (électriques, de réseau, de gaz, peut-être), et que ces fluides arrivent jusqu'à lui parce qu'une administration locale, sous le contrôle d'élus, a permis leur acheminement.
Quand il sort de chez lui, des gens sont venus nettoyer la rue, enlever les ordures. Les rues ont un sens de circulation, elles desservent des établissements publics, comme des écoles ou des crèches, et sont au milieu d'un réseau de transport collectif.
Tout ces petits exemples sont construits grace à l'outil du recensement. La fréquence de passage des éboueurs, la contenance des poubelles et des camions, a été prévue dans un cahier des charges, construit à partir des données du recensement sur l'habitat, croisées avec les études des analystes de l'environnement sur les typologies de déchets rejetés par les ménages.
Le trajet de la ligne de bus, la fréquence de ces arrets, dépendent aussi en partie de ces données, et des données sur les trajets domicile-travail, et sur les salaires moyens des habitants des zones desservies.
Le montant des salaires permet aussi de construire des modèles prévisionnels d'évolution des quartiers, en fonction du rapport salaire moyen des habitants / loyers moyens et prix au m2.
Le fait que ces données existe n'assure pas, en lui-même, que ces politiques locales, souvent "invisibles", soient bien faites. Malheureusement.
Mais l'existence de ces données est une condition pour bien faire, si on le veut.