Le vieux loup à la fourure grise, clairsemée, pelée,
le vieux loup clauquediquant,
la patte traînant,
remachant sa gloire passée,
le vieux loup embusqué,
dans ses rumatismes figé,
attendait que passe le nioub frais arrivé.
Vint la jeunesse,
toute de rouge vêtue,
vint l'allegresse
à claironner sans retenue
du café du commerce les idées,
pret à toutes les portes ouvertes enfoncer,
vint l'ingénu,
si fier de son petit moi à nu,
prêt à nous le répéter.
Et répéter
et répéter,
jusqu'à la nausée.
Alors, bondit le loup,
comme il put,
le dentier lui glissant dans le cou,
la férocité déjà bue
un peu émoussée,
les griffes limées
et l'aura diminuée -
Au temps où les enfants donnent des coups,
qui a encore peur du loup?
Pourtant,
le nioub s'enfuit en hurlant.
Il reviendra,
un peu plus sage des fois
ou pas.