Je suis un peu embêté. J'ai envie de parler de deux choses, différentes, et c'est difficile d'en parler en même temps. Je vais faire deux posts. Je crois que je me laisse gagner par le flood... :rateau:
Et je vais commencer par ce qui peut casser l'ambiance du fil, pour revenir après à mes rêves spatiaux.
Je n'avais pas vu le sondage. Tu l'as rajouté après, Doc ? J'aimerais bien voir les réponses. Mais je ne me suis pas résolu à voter. Ni même à noircir "Autre/Ne se prononce pas". Parce que les deux ensemble, ou les deux amalgamés, ça ne me va pas.
Pourtant, il est clair que ma réponse va dans "autre". Et que je ne peux me satisfaire de ce qui y fait référence, mais qui signifie tant d'autres choses. Je veux parler du débarquement des forces alliées en Normandie, le 6 juin 1944, qui est la réponse qui nous est proposée. Qui évoque la seconde guerre mondiale, bien sûr. Mais qui en évoque la fin. Glorieuse. Limpide. Ce n'est pas cette libération qui est pour moi le plus marquant de l'Histoire, mais ce qui l'a précédé. La libération, c'est la libération... Le début d'une période historique nouvelle, qui verra deux superpuissances industrielles s'affronter, et les autres choisir leur camp. C'est le début d'un mythe, aussi. Celui d'un peuple américain garant de la liberté mondiale. Alors que les dirigeants américains n'ont que trop tardé à venir rendre leurs dettes aux peuples européens dont ils étaient issus, et à qui ils devaient la création de leur nation, et de leurs richesses. Et de leur paix. Bref, qu'importe mes phrases polémiques. La libération n'est pas importante en soi.
En tout état de cause, à l'aune de ce siècle dans lequel les conditions d'existence de l'humanité se sont plus transformées qu'au cours des centaines de siècles précédents, la vraie innovation, ce qui caractérise cette période factice de cent ans, c'est qu'elle est celle dans laquelle l'humanité à commencer à réaliser ses fantasmes sur une échelle planétaire, et avec des moyens sans précédents. Et que le vingtième siècle est, par conséquent, celui dans lequel l'humanité a engendré la barbarie ultime, à l'échelle scientifique et industrielle.
Le nazisme est, de très loin, ce qui a le plus marqué ma vision de ce siècle. Par quelle date faut-il l'accrocher ? Par quels lieux ? Par quels noms ?
L'incendie du Reichtag ? L'invasion de la Pologne ? La capitulation de la France (plus important, en termes de conséquences)...
Les camps de concentration ? Oui, c'est l'illustration explicite de mon propos. Mais je n'ai aucune envie de m'enfermer dans le débat sionisme/antisémitisme. Plutôt envie de rappeler les génocides mineurs et colatéraux, ceux des gitans, des homosexuels. Pourtant, c'est bien la barbarie des camps qui est le pinacle de la folie nazie. Mais plus encore que l'image de la barabarie incarnée par Auschwitz ou Buchenwald, le plus terrifiant reste pour moi la folle et formidable machine bureaucratique et militaire construite autour des deux objectifs de domination aryenne et de génocide des juifs, des gitans et des homosexuels, les parasites de la race fantasmée par les hitléristes.
Allez, je le lache. Le fantasme de domination de la race aryenne est encore plus marquant, et plus terrifiant en perspective, que le fantasme de destruction de la diaspora juive européenne.
Alors que prendre ? Hitler ? Lorsque j'ai lu Hitler. Essai sur le charisme en politique, de Ian Kershaw, puis sa biographie en deux tomes, Hitler, je me suis rendu compte à quel point l'histoire officielle évitait de s'apesantir sur les mécanismes d'accession au pouvoir, et d'enrôlement de la société, mis en ½uvre par Hitler et les siens. Parce que nous n'avons toujours pas de recettes contre. Parce qu'elles nous paralysent.
La barbarie scientifique et industrielle est la marque de fabrique du XX° siècle. Le communisme n'en est, dans ses boursouflures, qu'une pâle imitation routinisée. Là où Staline continue une tradition d'oppression héritée des tsars, Hitler change le sens de l'oppression. Il en change les raisons. Il ne souhaite pas seulement conquérir le monde, il souhaite qu'il soit à lui et aux siens. Hitler veut patrimonialiser le bien mondial. Le conquérir totalement, et en une vie. Son respect pour l'humanité est réduit à néant. Et son inhumanité est l'entier produit de la complexité humaine.
Bref, pour moi, l'évènement le plus marquant du vingtième siècle, c'est l'accession démocratique du pouvoir par Adolf Hitler. Non pas tant, d'ailleurs, le jour précis des élections de mars 1933, mais plutôt le 30 janvier de la même année, date à laquelle il est nommé chancelier. Le reste en découle. Les élections qu'il provoque, l'incendie du Reichtag, etc... et rarement le mot etcétéra prend une telle pesanteur.
C'était "Camisol mérite des torgnoles", l'emission historique de votre radio préférée, 3THC4. Tout de suite, on retrouve Tintin a marché sur la Lune, avec le professeur Tryphon, qui nous parle de Philip K Dick... :rolleyes: